Actualité - 12 juillet, 2006
12/07/06 - La ferme d'engraissement de thons rouges à Port-Vendres ne verra jamais le jour. C'est ce qu'a décidé le Préfet des Pyrénées-Orientales lundi 10 juillet, à l'issue du processus de consultation publique engagé en janvier 2006, après avoir signé un arrêté de rejet définitif. Une belle victoire pour Greenpeace et les associations locales qui avaient mobilisé toute leur vigilance et leur expertise pour que ce projet ne se concrétise jamais.
Cage circulaire dans laquelle les thons capturés en mer sont acheminés vers les fermes d'engraissage
Les associations écologistes
s'étaient opposées au projet en raison des menaces sérieuses qui
pèsent sur le stock sauvage de thon rouge, et des impacts
environnementaux de telles installations en termes de rejets
(déjections et aliments) en particulier dans le contexte d'une mer
sans marées.
De plus, l'objection au projet
ciblait l'activité d'engraissement, responsable de la pêche hors
quota et la pêche illégale du thon rouge. Enfin, Greenpeace avait
souligné certaines inexactitudes et incohérences du dossier de
consultation et avait émis de sérieux doutes sur la réalité des
impacts économiques locaux annoncés.
Lors de sa campagne de juin 2006 sur
les zones de pêche du thon rouge en Méditerranée, Greenpeace a
amplement documenté la raréfaction de la ressource. Parallèlement
un important travail de recherche a permis de conclure que le
tonnage de thon rouge extrait annuellement en Méditerranée
dépassait vraisemblablement de 40% le quota autorisé par l'ICCAT. A
l'issue de cette campagne, Greenpeace avait appelé au moratoire sur
la pêcherie de thon rouge.
"Même si nous ne pouvons qu'être
satisfaits de constater que la raison l'a finalement emporté et que
le littoral français reste vierge de toute ferme à thons, notre
vigilance ne doit pas se relâcher pour autant, déclare Stéphan
Beaucher, chargé de mission Océans chez Greenpeace France. En
effet il n'est pas exclu que des promoteurs déposent d'autres
dossiers dans d'autres départements, même si après l'arrêté de
Perpignan, leur tâche va désormais être plus difficile"
Greenpeace a lancé un projet de grande ampleur visant à protéger
40% de la superficie des océans en les plaçant sous le statut de
réserves marines. Actuellement, au vu de la multiplicité et de la
gravité des périls qui menacent la biodiversité, la mise en place
de réserves marines et de plans de gestion adéquats apparaît comme
la solution la plus complète et la plus opérationnelle, tant pour
les stocks surexploités que pour les zones de reproduction et de
nurserie.
Notes:
(1) - Arrêté N° 2715/06 daté du 10 juillet 2006
(2) - ICCAT : International Commission for the Conservation of
Atlantic Tuna. Commission de l'ONU chargée de la gestion du stock
de thons rouges du nord depuis 1969.