Un des thoniers suivi par L'Esperanza
France 2 - JT du 12/06/2006 -
20h (cliquez sur
"Dossier: l'appel à sauver le thon rouge en
Méditerrannée")France 2 - JT du 08/06/2006 -
13h (cliquez sur "Les
thons rouges en Méditerranée en voie de disparition")RFI - Fréquence Terre -
27/05/2006 - 15h
Greenpeace a eu l'occasion
de discuter de la campagne 2006 avec les capitaines de quatre
bateaux français, les Jean Marie Christian III, IV, V et VI, qui
appartiennent tous à l'armement sétois Avalone et avec celui du
Nuevo Panchilleta, appartenant à la société espagnole Grupo Fuentes
qui est également la plus importante société d'engraissement de
thon sur le Bassin Méditerranéen. Toutes les informations
recueillies lors de ces entrevues convergent sur une même
conclusion : le faible niveau actuel des captures est préoccupant
voire alarmant.
François Provost, chargé de la campagne "thon rouge" à
Greenpeace France, a participé à ces entretiens. Il témoigne :
"les pêcheurs avec lesquels nous avons eu des échanges
reconnaissent unanimement que la campagne actuelle est l'une des
plus mauvaises qu'ils aient vécues jusqu'alors. Ils sont même allés
jusqu'à reconnaître que les quotas ne sont pas respectés, qu'il y a
tout simplement trop de bateaux sur cette pêcherie et que si la
situation actuelle était appelée à perdurer, l'avenir du thon rouge
de Méditerranée sera directement compromis".
D'après Robert Mielgo, expert
international du marché mondial du thon, seulement 1 000 tonnes de
thon auraient été capturées dans les eaux libyennes cette année
alors qu'à la même date l'an dernier, ce sont 9 000 tonnes qui
avaient été extraites dans cette même zone. Monsieur Mielgo
souligne également que le niveau de capture enregistré au Baléares
est, lui aussi, extrêmement bas : les pêcheurs à la madrague (une
technique artisanale) du détroit de Gibraltar ont vu leurs tonnages
diminuer de 85% par rapport à celles de l'année 2000. Autre élément
préoccupant, la taille moyenne des captures qui d'après différents
témoignages de professionnels serait passée de 220 à 120 kg en
quelques années.
Début juin, Greenpeace International
a publié un rapport dénonçant la grave baisse tendancielle du stock
méditerranéen et le fait qu'en 2005 le quota de 32 000 tonnes a été
dépassé de près de 40% avec des captures "réelles" estimées à plus
de 45 000 tonnes. D'après l'association, les experts de l'ICCAT
seront condamnés à baser leurs évaluations sur des données peu
fiables en raison notamment de la généralisation des
sous-déclaration de capture et de la pêche pirate dans tout le
bassin méditerranéen.
"Nous appelons les experts de
l'ICCAT à dénoncer ceux qui sont responsables de l'absence de
données fiables et à prendre en compte les énormes incertitudes qui
grèvent les statistiques officielles. Nous attendons d'eux qu'ils
appliquent strictement le principe de précaution dans leurs
évaluations et qu'ils préconisent les mesures drastiques qui sont
nécessaires à la reconstitution du stock méditerranéen, déclare
Sebastian Losada, responsable de campagne "Océans" pour Greenpeace
Espagne. Si les mesures urgentes qui s'imposent ne sont pas
adoptées d'urgence, le thon rouge de l'atlantique sera comme le
thon équatorial ou la morue à Terre-Neuve condamné à disparaître à
cause d'une gestion catastrophique des stocks et de la
ressource".
Les demandes adressées par
Greenpeace à l'ICCAT sont simples, claires et précises :
- Un plan à long terme de
restauration du stock méditerranéen basé sur le principe de
précaution et qui porte notamment sur la réduction des quotas et la
protection des frayères et des nurseries doit être instauré,
- L'augmentation de la taille
minimale de capture, de manière à ce qu'elle corresponde
effectivement à la maturité sexuelle de l'espèce, doit être
actée.
- L'extension de la période de
fermeture de la pêcherie de manière à réduire immédiatement et dans
des proportions significatives l'effort de pêche, doit être mis en
œuvre,
- La mise en place d'un réseau
d'observateurs indépendants habilités à intervenir à la fois sur
les bateaux et dans les fermes d'engraissement, doit voir le jour
urgemment. Ces observateurs seraient notamment chargés :
- De l'évaluation précise des
volumes de capture;
- De s'assurer de l'absence de
captures sous-taille;
- De vérifier que les quotas ne sont
pas dépassés ;
- De s'assurer que les données
nécessaires à une gestion durable du stock sont disponibles.
Notes:
(1) - Le comité scientifique (Scientific Committee on Research
and Statistics) de l'ICCAT (International Commission for the
Conservation of Atlantic Tuna) - instance de l'ONU chargée de la
gestion du thon rouge de l'Atlantique - se réunit cette semaine à
Madrid pour évaluer la situation.
(2) - Retrouvez l'actualité en temps réel du bateau sur http://weblog.greenpeace.org/defenseurs/