Actualité - 19 août, 2006
19/08/2006 - Alors que le Rainbow Warrior fait route vers Marseille où il doit s'amarrer mardi matin, l'organisation écologiste vient de recevoir de la Communauté Urbaine de Marseille l'annulation de l'autorisation d'accoster au Vieux Port. Une autorisation pourtant formellement notifiée le 27 juillet dernier. Greenpeace s'interroge sur les raisons de ce soudain refus qui fait suite à une série de pression de la part de certains représentant de pêcheurs. Le RW poursuit sa route vers Marseille en espérant que l'autorisation lui sera donnée d'accoster.
Le Rainbow Warrior, dans le port de
Marseille, doit ouvrir ses portes pendant 2 jours, mardi et
mercredi pour une campagne d'information et de sensibilisation du
grand public sur l'état de la mer Méditerranée et les dangers qui
menacent la Grande Bleue. En refusant l'accès du Rainbow Warrior au
vieux port, la Ville de Marseille et ses partenaires privent les
Marseillais de l'accès aux informations qui leurs permettraient de
mieux comprendre les enjeux qui pèsent sur cette mer qui berce leur
ville et leur vie.
"Il est tout de même surprenant
de constater que suite aux fortes pressions émises par certains
pêcheurs sur la mairie et la CUMPM, l'autorisation soit retirée
sans raison valable. Nous ne pouvons pas croire à une telle censure
de la part de la mairie de Marseille. Nous avons dès ce jour
formellement demandé à Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille et
président de la CUMPM, d'autoriser comme prévu le séjour de notre
navire dans le vieux port et de garantir que Greenpeace puisse
librement informer le public" déclare Yannick Jadot, le
directeur des campagnes de Greenpeace France.
Greenpeace depuis plusieurs années
s'inquiète de l'excès des prises de certains poissons en
particulier le thon rouge. Dans son travail de documentation,
l'organisation a pu constater en juin dernier, que les thoniers
français ont été contraints à l'inactivité parce qu'ils ne
trouvaient plus de bancs de thons dans leurs zones habituelles de
pêche. Des images de thoniers "désemparés » face au manque de
ressources qui ont d'ailleurs déjà été relatées par les médias.
"Nous n'avons pas de position de
principe contre le monde de la pêche dans son ensemble. Bien au
contraire, nous défendons une pêche durable, c'est à dire
respectueuse de l'écosystème marin, porteuse d'emplois viables et
qui s'inscrivent dans des schémas de développement local. Ce n'est
pas en nous barrant la route et en nous refusant toute concertation
que nous arriverons à travailler intelligemment et de façon
constructive", explique Stephan Beaucher, responsable de la
campagne Océan à Greenpeace France.
Greenpeace travaille sur toute la
méditerranée et a interpellé les pêcheries espagnoles (mi-juin à
Barcelone) et italiennes (début juillet à Gêne) mais aussi et
surtout les autorités des pays du Sud de la Méditerranée (Tunisie
et Libye) et les pêcheries turques sur ces problèmes de gestion des
ressources. Depuis le début de l'année, l'association écologiste a
entamé une campagne internationale de plusieurs mois pour
promouvoir l'instauration d'un réseau de réserves marines qui
permettrait de garantir la préservation des écosystèmes marins.
Cette proposition a été présentée à plusieurs reprises aux
différents partenaires engagés dans la gestion et la protection des
ressources marines. Chaque fois l'accueil de ces propositions a été
positif et les différents acteurs se sont engagés à poursuivre la
discussion pour promouvoir des solutions socialement justes et
écologiquement durables afin de préserver l'avenir du bassin
Méditerranéen et des populations qui y vivent.
Enfin Greenpeace souhaite témoigner de la gravité de la marée
noire au Liban qui mettra en péril certains sites de frais. Les
équipes de l'organisation au Liban et en Israël sont à l'œuvre pour
faire un état des lieux détaillés de l'impact de la guerre sur
l'environnement en particulier le milieu marin et engager les
premières opérations de nettoyage des effets de la marée noire.