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Size matters - Question de taille

Page - 19 juin, 2006
En 1994, les Etats Membres Européens ont convenu de tailles minimales pour la plupart des espèces commercialisées dans le but de protéger les individus juvéniles ( i.e. qui ne sont pas encore en age de se reproduire ) et d’enrayer la surpêche. Si les poissons sont prélevés très tôt dans leur cycle de vie, le rendement est très inférieur à ce qu’il pourrait être avec des poissons prélevés plus tard. La pêche intensive d’individus sous-taille implique une perte considérable de ressources halieutiques. Cependant, comme les plus gros individus disparaissent de nos océans à cause de la surpêche, des poissons de plus en plus petits sont ciblés, et la pression sur les populations de poissons ne fait qu’augmenter.

A l'été 2005, Greenpeace Grèce a donc lancé le projet "Size Matters". Ces investigations ont dénoncé la vente, dans les principaux sites de débarquement d' Athènes et de Thessalonique, de très grosses quantités de poissons sous-taille allant de picarels aux maquereaux en passant par l'espadon, et cela sans restrictions ni contrôles. Par l'absence de contrôles, les marchés poissonniers et les restaurants ont pu s'accaparer / accéder à ces poissons. Suite aux investigations de Greenpeace, le Ministère Grec du Développement de l'Agriculture s'est engagé à résoudre le problème de la surveillance des marchés grecs. Pourtant, en février 2006, Greenpeace Grèce a réalisé des compléments d'enquête dans les principaux marchés au poisson d'Athènes et du Pirée qui prouvent une nouvelle fois la présence et la vente en grandes quantités de poissons sous-taille. A cause du manque de surveillance, les autorités n'ont absolument aucun moyen de connaître la quantité d'individus juvéniles récoltée et n'ont donc pas les informations nécessaires permettant de développer un plan de gestion efficace pour protéger les ressources marines. Le 12 juillet 2005, la Cour de Justice Européenne a dénoncé l'inertie de la France qui continue à commercialiser des poissons sous-taille ne met en eouvre aucune mesure efficace pour conserver et gérer les ressources marines. Pour la première fois, la Cour Européenne a condamné un pays membre à payer une amende d'un montant de 20 millions d'euros assortie d'une astreinte semestrielle de 58 millions d'Euros) en raison de l'absence de mesures adéquates pour la protection des poissons juvéniles. L'amende imposée reflète le niveau des dégâts causés par la décimation des populations de poissons et montre que les parties prenantes dans les questions halieutiques prennent peu à peu conscience du fait que les ressources de la mer Méditerranée ont franchi un point de non retour.

Fixer des tailles minimale de débarquement pour les espèces de poisson est loin d'être suffisant pour protéger les populations juvéniles des espèces méditerranéennes. Sans un mécanisme efficace de contrôle pour réaliser des inspections et faire appliquer la loi, les poissons sous-taille vont continuer à être pêchés et vendus à travers le bassin Méditerranéen.

La mer Méditerranée a impérativement besoin d'un plan de gestion audacieux qui ferait suite aux mesures de précaution et garantirait la protection de la biodiversité marine. Ce plan consisterait entre autres en la création d'un réseau de réserves marines dont le but serait de protéger les aires de fraye et de nurserie des espèces de poissons. La création d'un environnement sûr pour les poissons pendant cette période de leur cycle de vie durant laquelle ils sont le plus vulnérable permettrait d'assurer le renouvellement des populations de poissons en Méditerranée ; il s'agit d'une mesure absolument nécessaire pour revitaliser l'environnement marin.

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