Page - 19 juin, 2006
La mer méditerranée est l’un bassins semi-fermés les plus pollués au monde. Des milliers de tonnes de déchets toxiques sont rejetés directement en mer par l’industrie. Le transport maritime, la pollution urbaine et agricole et les effets du tourisme constituent d’autres facteurs menaçants.
Le pétrolier chypriote “Haven” en feu dans le Golfe de Gênes
Transport maritime
Certaines des voies de transport les
plus fréquentées au monde se trouvent en Méditerranée. On estime
qu'environ 220 000 bateaux de plus de 100 tonnes naviguent en
Méditerranée chaque année - soit environ un tiers du trafic
maritime mondial. De nombreux bateaux transportent des cargaisons
dangereuses qui constituent autant de dangers potentiels pour
l'environnement marin. Environ 370 millions de tonnes de pétrole
transitent chaque année en Méditerranée (soit plus de 20% du total
mondial), et environ 250 à 300 pétroliers la traversent chaque
jour.
Le déversement des produits
chimiques de nettoyage des réservoirs et les rejets huileux
constituent une importante source de pollution marine. La mer
Méditerranée représente 0,7 pour cent de la surface des mers, mais
elle concentre sur cette superficie modeste un trafic et des
risques importants, sans aucune mesure avec sa superficie. On
estime que 100 000 à 150 000 tonnes de pétrole brut y sont
déversées chaque année du fait des activités de transport
maritime.
La Méditerranée reçoit ainsi 17% des
rejets d'hydrocarbures déversés dans les océans du globe (en
l'absence même de marées noires). Un déversement majeur pourrait se
produire avec des conséquences désastreuses pour l'environnement et
les écosystèmes.
Le tourisme
La Méditerranée concentre un tiers
du tourisme mondial. Ce dernier constitue l'une des sources de
revenus les plus importantes de nombreux pays méditerranéens. Il
permet notamment à de petites communautés des zones côtières et des
îles de subsister loin des centres urbains. Il n'est pas question
de nier les bénéfices économiques qu'il représente pour la région.
Cependant, il a joué un rôle majeur dans la dégradation de
l'environnement marin et côtier. Le développement rapide et la
construction d'infrastructures ont été encouragés par les
gouvernements des pays méditerranéens pour répondre à la demande.
Ce développement et cette surpopulation ont engendré de graves
problèmes d'érosion et de pollution en de nombreux points du
pourtour méditerranéen.
Le tourisme se concentre souvent dans des zones où la nature
offre les plus grandes richesses et constitue une grave menace pour
les habitats d'espèces méditerranéennes en danger.
Les pollutions
La Méditerranée est également l'un
des bassins semi-fermés les plus pollués au monde.
Des millions de tonnes de
macro-déchets jonchent le fond (y compris dans les fosses de grande
profondeur) ou sont en suspension. Des milliers de tonnes de
déchets toxiques sont rejetés directement en mer par l'industrie.
Le transport maritime, la pollution urbaine et agricole et les
effets du tourisme constituent d'autres facteurs menaçants.
Les polluants provenant des métaux lourds et les polluants
organiques persistants (POP) engendrent des risques irréversibles
pour la santé comme pour la vie marine. Les sédiments recueillis
sur les « points chauds », généralement situés dans les zones
côtières recevant de grandes quantités d'effluents, de déchets
solides et d'eaux usées domestiques, contiennent de forts taux de
mercure, de cadmium, de zinc et de plomb. Ces substances peuvent se
déplacer sur des milliers de kilomètres, au-delà des frontières
nationales, loin de leurs points d'origine.