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Tout d’abord, les écologistes dénoncent principalement deux choses : les risques de dissémination des OGM dans l’environnement et la consommation d’OGM dont l’impact sur la santé animale et humaine est largement sous-étudié pour des raisons purement financières.
NON, M. HERBILLON, les écologistes ne cherchent pas à stopper l’utilisation confinée des OGM comme pour la production de molécules d’intérêt pharmaceutique. Au contraire, pourquoi chercher à faire produire des médicaments par des plantes, avec tous les risques de dissémination aux plantes alimentaires que cela entraîne, alors que ces mêmes médicaments peuvent être fabriqués en fermenteur par des cultures de cellules ?
OUI, M. HERBILLON, la France a besoin des biotechnologies et doit soutenir de recherche dans ce domaine mais en milieu confiné dès que le risque de dissémination et de contamination existe.
Les écologistes ne cherchent pas à créer des peurs irrationnelles sur une technologie qu’ils ne comprennent pas. Les enquêtes, tant françaises qu’européennes, montrent que plus les peuples sont informés, plus ils sont opposés aux OGM. Ce n’est pas une peur, c’est la compréhension des risques liés à la dissémination et à la consommation des ces OGM.

Jamais les plantes génétiquement modifiées ne seront la solution au problème de faim dans le monde, car nous apprenons dès le collège que son origine n’est pas liée à une insuffisance de la production globale, mais à une répartition inégale des richesses et à une exploitation des pays du Sud par les pays du Nord. Les bas prix des denrées alimentaires importées dont nos supermarchés regorgent n’ont jamais nourris les peuples affamés qui les produisent.
Jamais les plantes OGM ne pousseront dans le désert. Plus personne ne croit au principe « un gène = une fonction ». N’espérez pas que l’on trouve un jour le gène de la sécheresse ! Voila le vrai discours simplificateur, caricatural et usurpé ! Les OGM n’apportent pas et ne créent des solutions nouvelles à des problèmes insolubles. Il y a toujours d’autres solutions.
Le maïs mon810 produit un insecticide (différent de celui qui existe naturellement d’ailleurs) contre un ravageur. Ce ravageur n’est pas une fatalité, il est possible d’y remédier par des méthodes agronomiques simples comme la rotation des cultures. Les OGM œuvrent en synergie avec notre vision productiviste de l’agriculture gravée dans le marbre de notre Union Européenne (Cf. traité de Rome).
D’après vous, de nombreuses études montrent les multiples intérêts que les OGM font naître. Est-ce vraiment un progrès lorsque ces innovations sont consommées sans recherche suffisante sur leur impact sur la santé humaine ? Vous parlez également de recherches scientifiques. A priori, vous ne semblez pas avoir lu celles qui montrent, et elles sont nombreuses, la contamination des plantes sauvages et des cultures conventionnelles par les plantes OGM. Je vous renvoie, à titre d’exemple au rapport de Greenpeace sur les cas de contamination, dont certains issus de plantes génétiquement modifiées autorisées nulle part dans le monde(2). Rappelons-nous la détection de riz OGM illégal en août 2006 en France…
Par ailleurs, nous vous serions reconnaissants de nous donner les références d’études scientifiques indépendantes et complètes montrant l’absence de risque sur la santé humaine. Nous pouvons, en revanche, vous en fournir une, issue des propres données de Monsanto montrant que la consommation de maïs OGM peut avoir un impact sur la santé des animaux qui le consomment(3).

La frilosité a un prix, dites-vous. Vaut-elle plus que la santé de nos concitoyens, que la liberté de produire et consommer sans OGM qui a été actée lors du Grenelle, qu’une agriculture respectueuse de son environnement et d’une industrie agro-alimentaire de qualité ? Le problème n’est pas seulement celui de savoir si l’aveuglement de nos députés a un prix, mais plutôt de savoir qui va payer. La réussite, dorénavant, pour les grosses entreprises, est de récupérer les profits, et de faire supporter les risques et les coûts induits par la Nation. Nous vous demandons, M. HERBILLON, que les semenciers, propriétaires des constructions génétiques, soient reconnus pleinement responsables en cas de contamination, que l’origine directe de la contamination soit connue ou non.
M. HERBILLON, regardez autour de vous. D’autres pays d’Europe ont interdit les OGM. Pensez-vous que leur objectif est ainsi de retourner au Moyen-âge ? Nous ne demandons pas la Lune, juste que vous respectiez le choix de millions de français et de nombreux agriculteurs de pouvoir produire et consommer sans OGM(4).
(1) Pétition signée par 72 députés UMP.
(3) Article de Gilles-Éric Séralini = New Analysis of a Rat Feeding Study with a Genetically Modified Maize Reveals Signs of Hepatorenal Toxicity, Gilles-Eric Séralini, Dominique Cellier et Joël Spiroux de Vendomois (Archives of Environmental Contamination and Toxicology, Volume 52, Number 4 / mai 2007).