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Prélévement d'eau polluée au Centre de Stockage de la Manche

Prélévement d'eau polluée au Centre de Stockage de la Manche

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avignon - piolenc, France — Des militants de Greenpeace ont offert, lors de l'inauguration de "l'espace pour tous" en Avignon, une bouteille d'eau contenant du Tritium* à Thierry Mariani (député UMP du Haut Vaucluse, qui a voté la loi sur l'enfouissement des déchets nucléaires). Les militants ont voulu ainsi montrer d'un geste symbolique, les risques encourus par l'enfouissement des déchets nucléaires.

Par cette action symbolique Greenpeace entend attiré l’attention des Parlementaires sur la situation préoccupante des déchets nucléaires en France, et dénoncer par la même occasion la loi dangereuse pour l’environnement et les générations futures.

Cette action d’interpellation fait suite à une campagne de prélèvement réalisée le 23 mai près du Centre de Stockage de la Manche (50) qui gère des déchets faiblement et moyennement radioactifs et qui a fortement pollué l’environnement et notamment les eaux et nappes phréatiques alentours. Les eaux pompées par Greenpeace dans un piézomètre présent sur l’espace public révèlent un niveau de pollution en tritium 98 fois supérieur au seuil d’alerte fixé par l’Europe. (1)

Néanmoins pour des raisons évidente de radioprotection, la bouteille livrée à Monsieur Marinai ne contenait pas une telle eau. Cette eau radioactive prélevé directement dans l’environnement du centre de stockage de la Manche est la preuve que l’industrie ne sait pas gérer proprement ses déchets : ce centre fuit alors qu’il devrait être étanche, est irréversible alors qu’il est en surface, et abritent des déchets étrangers alors que c’est interdit.

"Comment croire alors une industrie qui nous jure maintenant que pour les déchets les plus dangereux l’enfouissement sera une solution sure et pérenne" ont expliqué Yvette Auger et Marc Leonetti de Greenpeace Avignon. La loi votée prévoit d’enfouir sous terre à 500 mètres de profondeur, les déchets radioactifs hautement radioactifs et à vie longue. Un tel site est prévu d’ici 2015 à Bure (à la limite de la Lorraine et de la Champagne) où se trouve déjà un laboratoire de recherche. Cette décision est en totale contradiction avec les conclusions du débat public et de la large majorité des opinions exprimées à cette occasion. De plus, de nombreuses recherches restent pourtant nécessaires pour valider une telle option et avoir pris une telle décision aujourd’hui est en opposition au principe de précaution.

"Avec cette nouvelle loi, on tente de nous faire croire qu’il y a enfin une solution aux déchets nucléaires. Mais personne n’est dupe ! L’exemple de la pollution dans la Manche montre la gravité de la situation et l’incapacité de l’industrie à gérer ses déchets" ont précisé les militants de Greenpeace «Plutôt que de gérer ou réduire ce problème, l’industrie et EDF, le plus gros producteur de déchets nucléaires au monde, n’ont que pour objectif de relancer la machine nucléaire en construisant le nouveau réacteur EPR, c’est inacceptable."

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* Le tritium (H 3) est un isotope de l’Hydrogène, ce composant de la molécule d’eau est très volatile passant d’une molécule à l’autre sans se fixer définitivement. Le tritium passe donc au travers de tous les contenants même du verre. A titre d’exemple : si vous déposez deux récipients en verre (ou en plastique) fermés hermétiquement l’un contenant que de l’eau pure et l’autre de l’eau tritiée (contenant du tritium) dans un même espace même si les deux récipients sont distants de plusieurs centimètres l’un de l’autre, en quelques jours vous obtiendrez un même niveau de tritium dans les deux fioles. Magie, non physique !

(1) En France, le décret du 20 décembre 2001 relatif à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine précise que ces dernières doivent satisfaire à des références de qualité parmi lesquelles figure le tritium. Une valeur paramétrique de 100 Bq/L est fixée pour cet élément. Ce décret est en fait la transposition en droit français de la Directive 98/23/CE du Conseil du 3 novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. En 2005, la contamination des eaux souterraines contrôlées autour du CSM pouvait atteindre 190 000 Bq/L