Remonter :
Deux personnes du groupe local ont pu s'entretenir une trentaine de minutes avec le responsable de la concession. Pendant ce
temps, nous avons distribué des tracts aux automobilistes qui passaient devant
la concession.
« Le Koleos, c'est l'exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire.
Renault va à contresens de l'histoire, déclare Anne Valette, en charge de
la campagne Climat à Greenpeace. À l'heure de la flambée du prix du pétrole
et de l'urgence climatique, alors que les consommateurs recherchent plus que
jamais des véhicules peu gourmands en carburant et faiblement émetteurs de
dioxyde de carbone, quelle mouche pique ce constructeur de lancer un 4x4 qui
consomme jusqu'à 10 litres au 100 et émet jusqu'à 237 g de CO2/km ? »
Jusqu'à présent, la marque au losange s'était tenue à carreau et ne s'était pas
aventurée sur le segment des « Crossover », ces véhicules
taillés pour les expéditions tout-terrain mais utilisés pour les virées au
supermarché. Mais avec le Koleos, Renault commercialise une véritable arme de
destruction massive du climat. Ce croisement entre une berline et un 4x4
affiche des mensurations impressionnantes : il pèse entre 1,5 et
1,7 tonne, présente un moteur très puissant (150 à 175 chevaux), donc très
gourmand (7,2 à 9,9 litres/100 km). Résultat : les dix modèles
émettent en moyenne 209 g de CO2/km, d'où un malus de 750 à
1 600 €.
Nous avons voulu dénoncer le double jeu de Renault. D'un côté, ce constructeur
communique tous azimuts sur son label "Eco 2" et, de l'autre, il
commercialise une arme de destruction massive du climat et reste solidaire des
constructeurs allemands qui, à Bruxelles, mettent tout en œuvre pour torpiller
les négociations en cours sur la future réglementation visant à limiter les
émissions de CO2 des voitures neuves.
Cette future réglementation européenne constitue l'un des dossiers majeurs qui
devrait être bouclé d'ici la fin de l'année sous présidence française de
l'Union. Suite au lobbying de l'industrie automobile européenne, constructeurs
allemands en tête, l'ambition du texte a été réduite à peau de chagrin. Et
l'accord conclu entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel le 9 juin fait figure de
coup de grâce. D'ici la fin de l'année, les autres États membres de l'UE ainsi
que les députés européens examineront le projet de réglementation. Greenpeace
les appelle à rejeter le déplorable compromis franco-allemand et à amender le
texte qui, pour être à la hauteur du défi climatique, doit notamment :
- limiter la moyenne des émissions à 120 g de CO2/km d'ici à 2012, et à
80 g/km d'ici à 2020 ;
- comprendre des pénalités immédiatement dissuasives (150 € pour chaque gramme
de CO2 supplémentaire, pour chaque véhicule vendu), seule garantie que les
constructeurs respecteront les nouvelles normes.