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Chalutier de fond danois pêchant la langoustine en Mer du Nord : les 
cabillauds sont ici des prises accessoires, trop souvent des juvéniles 
rejetés morts à la mer.

Chalutier de fond danois pêchant la langoustine en Mer du Nord : les cabillauds sont ici des prises accessoires, trop souvent des juvéniles rejetés morts à la mer.

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Aarhus, Danemark — Après son périple en Méditerranée sur le Rainbow Warrior II durant l'été 2006, Anne, activiste du groupe local, vient d'embarquer sur l'Arctic Sunrise en Mer du Nord pour de nouvelles aventures.





Mer du Nord -21 avril 2007
Ces derniers jours nous avons affronté une météo assez mauvaise (vent force 8), ce qui nous a forcé à aller nous abriter au mouillage au large du Danemark. Nous avons attendu à l’ancre jusqu'à tôt ce matin où une fenêtre météo s’est ouverte.
Pendant ces jours d’immobilisation forcée , nous avons profité de la relative stabilité du bateau pour effectuer quelques déplacements de matériel lourd du pont vers la cale, pour entretien. A l’aide de la grue les objets sont facilement glissés dans la cale par le toit.
Une fois au sec, après lavage et rinçage, une, deux puis trois couches de peinture sont nécessaires pour protéger les structures métalliques exposées à l’eau et au sel.

Depuis ce matin nous naviguons dans une zone de pêche fréquentée par des chalutiers danois.
Nous en avons rencontré trois depuis l’aube, et sommes allés à leur rencontre en zodiac.
Pour le premier en milieu de matinée, j’étais dans le zodiac comme équipière avec Jorge, matelot argentin, au volant. Après avoir mis le zodiac à l’eau depuis l’ « A-frame » sur lequel il est stocké à bord (structure en « A » supportant le zodiac), nous prenons à bord à la « porte du pilote » les deux campaigners, Hanne et Martin, ainsi que le photographe Christian et le caméraman Jari.
Le skipper du bateau de pêche, contacté par radio, est d’accord d’accueillir nos campaigners et photo/vidéo men à bord. Ils resteront plus de deux heures sur le chalutier, jusqu’à ce que le chalut remonte. Ils ont pu filmer la remonté de l’engin, les poissons capturés (langoustines pour la plupart), et quelques captures accessoires dont plusieurs cabillauds de belle taille qui seront gardés. Ceux trop petits seront rejetés déjà morts à la mer.

Le problème que nous soulevons avec ces chalutiers, c’est que bien que visant une espèce particulière pour le marché (ici la langoustine, appelée Norway Lobster en anglais), le taux de captures accessoires est élevé, et notamment celui de cabillaud. La taille des mailles ne sélectionne pas forcément les juvéniles, qui, interdits à la capture, sont rejetés morts en mer.
Les cabillauds de taille réglementaire sont gardés, débarqués et déclarés pour le quota de cabillauds (de plus de 20 000 t mais qui devrait d’après les scientifiques être fixé à zéro). Mais le problème est que le quota de cabillauds, capturés en grande partie sous forme de captures accessoires, est atteint avant que celui des espèces prioritairement visées ne le soit (langoustine par exemple). Le quota de cabillaud, déjà trop élevé, est donc avec ce système automatiquement dépassé.
De plus, ces chalutiers, qui sont des chalutiers de fond, c’est-à-dire qui tirent leur chalut sur le fond de la mer, ont un impact destructeur sur l’écosystème marin, labourant le fond et détruisant toute forme de vie sur leur passage. La Mer du Nord est très sévèrement touchée par ce phénomène, où quasiment chaque mètre carré qui la compose a déjà été chaluté plusieurs fois.

C’est pourquoi il est urgent de créer des réserves marines maintenant !
Pas de temps à perdre !
15 avril 2007
A suivre...


Note : les captures accessoires du chalutage de fond sont un VRAI problème. D’après l’ONU, 8% des captures mondiales de poissons seraient rejetées à la mer, à savoir environ 7 millions de tonnes. En Mer du Nord, les études montrent que 40% des captures des chalutiers de fond sont rejetés à la mer, comme captures accessoires non commercialisables. En Méditerranée, toutes pêches confondues, les rejets seraient de 18'000 tonnes par année, soit 5% des captures. En Atlantique Nord, le taux des rejets à la mer serait de 30 à 60% pour les chaluts, et de 20% pour les filets. Quel horrible gaspillage !


Pour en savoir plus :
blog (en anglais) de la campagne "North Sea Marine reserves now !"
présentation de l’équipage actuel de l’Arctic Sunrise