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La salle de contrôle d'une centrale nucléaire

La salle de contrôle d'une centrale nucléaire

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Paris, France — Les Amis de la Terre et Greenpeace sont consternés d'apprendre que la banque française BNP-Paribas s'apprête à financer à hauteur de 250 millions d'euros le projet de centrale nucléaire de Belene, en Bulgarie. Hors de prix, de conception russe, ancienne et dangereuse, et situé dans une zone sismique, ce projet a été auparavant refusé par douze banques parmi les plus importantes du monde1.

« Comme nous l'avons récemment montré1, BNP-Paribas est la banque française la plus impliquée dans des projets énergétiques controversésplique Sébastien Godinot, des Amis de la Terre.le affiche un mépris total de la société civile, et un positionnement incroyablement rétrograde en acceptant de financer ce projet obsolète et très risqué. Un tel projet comme Belene serait interdit par les autorités en France ou en Allemagne du fait de son manque de sécurité, mais apparemment BNP-Paribas s'en moque. »

La centrale nucléaire de Belene est située sur le Danube, au nord de la Bulgarie. De technologie russe (type VVER), sa construction a débuté dans les années 80 mais a été arrêtée dans les années 90 suite à des protestations et à des doutes sur sa viabilité économique. Elle est restée inachevée depuis. Après que la Bulgarie a fermé les quatre réacteurs de la centrale de Koslodui (condition à son entrée dans l'Union européenne), le gouvernement bulgare a remis Belene à l'ordre du jour en 2003. NEK, la compagnie publique nationale d'électricité, est majoritaire dans le projet mais en consortium avec AtomStroyExport (Russie) et Areva NP (Franco-allemand).

Le projet comporte des défauts et des risques majeurs :
  • son prix est astronomique : 4 milliards d'euros pour deux réacteurs ;
  • il est bâti dans une zone sismique : en 1977, un tremblement de terre à 12 km de la centrale a fait 200 morts ;
  • la procédure de consultation viole la Convention d'Espoo dans les pays avoisinants, et l'étude d'impact environnemental a été fortement manipulée ;
  • cette étude est désormais devant la Haute Cour Administrative de Sofia suite à une plainte portant notamment sur le fait qu'elle n'a pas pris en compte les accidents lourds, les attentats terroristes et les déchets nucléaires ;
  • enfin, la Bulgarie n'a à ce jour aucun plan pour la gestion de ses déchets radioactifs.

« Ce projet est non seulement dangereux, mais il va détourner des capitaux d'autres projets beaucoup plus efficaces, comme cela est recommandé par les institutions internationales, pour gérer les besoins énergétiques de la Bulgarie, tels que l'efficacité énergétique », ajoute Frédéric Marillier de Greenpeace.

En s'associant à un projet aussi dangereux, BNP-Paribas s'affiche comme une banque irresponsable prête à financer une installation prédatrice de l'environnement. Les Amis de la Terre et Greenpeace lancent un appel à la banque pour qu'elle se retire du projet Belene et utiliser ses profits records pour financer davantage l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Pour relayer à votre tour cet appel, rendez-vous sur http://www.amisdelaterre.org/AGISSEZ-Ecrivez-a-BNP-Paribas-pour.html pour signer et faire signer la cyberpétition lancée par Les Amis de la Terre et Greenpeace.

1. Les banques ayant décliné le projet sont les suivantes : Société Générale / Komerncni Banka, Merril Lynch & Co, Morgan Chase, Crédit Suisse / First Boston, Citibank, Lehman Brothers Commerzbank, Deutsche Bank, Bayerische, Landesbank, UniCredit / HVB / Bank Austria - Creditanstalt, KBC / CSOB.



2. Voir le rapport publié le 6 mars 2007, Banques françaises, banques fossiles ?, à télécharger sur http://www.amisdelaterre.org/Banques-francaises-banques,3138.html