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Le chantier de construction de l'EPR en Finlande

Le chantier de construction de l'EPR en Finlande

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International — Le 29/05/07 - Greenpeace occupe depuis 24 heures une grue du chantier de l’EPR en Finlande. En France, des militants anti-nucléaires ont investi un pylône électrique très haute tension situé à Fougères et relié à la centrale nucléaire de Flamanville.

Depuis maintenant 24 heures, six grimpeurs de Greenpeace (deux Britanniques, trois Finlandais et un Français) occupent une grue haute d’une centaine de mètres située au cœur du site de construction du premier réacteur pressurisé européen (EPR) d’Olkiluoto, en Finlande. Ils dénoncent ainsi les très nombreuses violations des règles de qualité et de sûreté et les problèmes rencontrés sur le chantier (18 mois de retard, 730 millions de dépassement budgétaire…).

Les six grimpeurs de Greenpeace ont passé la nuit en haut de la grue. Ils se sont réveillés ce matin déterminés à tenir jusqu’à ce que la compagnie finlandaise d’électricité TVO rende publique la liste des manquements aux normes de sécurité et de sûreté. Les travaux sur le chantier finlandais sont suspendus depuis hier et pour l’instant, aucune intervention des forces de l’ordre n’est prévue pour déloger les militants de Greenpeace.

Parallèlement, en France, vers Fougères (Ille-et-Vilaine), quatre militants anti-nucléaires occupent depuis 5 heures ce matin un pylône très haute tension (400 000 volts), évacuant l’électricité produite par la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), où ont commencé les travaux de construction d’un second EPR. Equipés de vivres et de vêtements chauds, ils ont arrimé au pylône une plate-forme en bois sur laquelle ils se sont installés, prêts à tenir plusieurs jours. Cette action est revendiquée par le « Groupe d’action non violente anti-nucléaire » (Ganva), qui rassemble des citoyens opposés au nucléaire.

L’occupation du chantier de l’EPR finlandais par Greenpeace et du pylône électrique à Fougères par le Ganva interviennent alors que certains gouvernements européens sont tentés de promouvoir le nucléaire comme une réponse au réchauffement de la planète. Ainsi par exemple, en France, le nouveau président de la République Nicolas Sarkozy et son ministre de l’Ecologie Alain Juppé ont réaffirmé leur volonté de ne pas revenir sur l’EPR et de développer le nucléaire. La semaine dernière, en Finlande, le gouvernement a commencé à élaborer une stratégie de lutte contre le réchauffement climatique de long terme se fondant sur le nucléaire. Le 23 mai, Tony Blair a présenté au Parlement britannique une refonte de la politique énergétique de la Grande-Bretagne qui préconise la construction de nouvelles centrales.

« Attention à ne pas instrumentaliser la lutte contre les changements climatiques pour en faire un outil marketing destiné à promouvoir le nucléaire, avertit Frédéric Marillier, responsable de la campagne Energie de Greenpeace France. Le nucléaire n’offre aucune réponse au réchauffement planétaire. Au contraire, il s’agit d’une énergie dangereuse et non durable puisqu’elle utilise de l’uranium, dont les ressources sont limitées. Surtout, le nucléaire empêche de mettre en œuvre une politique d’efficacité énergétique et d’économies d’énergie, et étouffe toute tentative de développer massivement les renouvelables. »

Pour Greenpeace, le moratoire sur l’EPR demeure la condition essentielle à l’ouverture du débat serein sur le nucléaire qui devrait se tenir dans le cadre du Grenelle de l’environnement que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé comptent organiser à la rentrée.