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George W. Bush

George W. Bush

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Paris, France — Le 28/09/07 - Aujourd'hui se clôture la conférence de Washington regroupant les 17 pays les plus émetteurs de CO2 de la planète*, organisée par le Président Bush. Annoncée au G8 de Heiligendamm en juin dernier, cette réunion avait pour but « officiel » de faciliter la prochaine conférence des Nations Unies sur le climat, qui aura lieu en décembre à Bali.

« En réalité, par cette réunion de Washington, le Président américain tente une fois encor de contourner les efforts entrepris par la communauté internationale pour lutter contre les changements climatiques et en premier lieu  son principal instrument contraignant : le Protocole de Kyoto », déclare Karine Gavand de Greenpeace France. L'administration Bush continue en effet de refuser tout principe d'engagements absolus de réduction d'émissions à portée contraignante.

Sans surprise, Bush a également vanté sa solution miracle du « tout technologique », notamment en axant son discours sur le « nucléaire », présenté comme « propre » car faiblement émetteur de gaz à effet de serre.

« Le président américain feint d'oublier que le nucléaire, en plus d'être dangereux (prolifération) et polluant (déchets), est incapable de répondre au défi climatique, reprend Karine Gavand. Tout comme Sarkozy, Bush défend les intérêts commerciaux d'un lobby industriel, alors que le nucléaire n'est d'aucune utilité dans les secteurs les plus fortement émetteurs de CO2 : les transports, l'habitat, l'agriculture. »

La conférence de Bali (Indonésie), du 3 au 14 décembre, doit tracer la feuille de route de négociations devant mener à un nouvel accord global, pour lutter contre le dérèglement climatique, sur la deuxième période d'application du Protocole de Kyoto (à partir de 2012).

« Sous la pression de l'opinion publique américaine et internationale, Bush tente de redorer son image et fait mine de se préoccuper du climat. En réalité, malheureusement, il n'a pas retourné sa veste sur cette question ! », explique Morgane Créach du Réseau Action Climat-France.

Pour preuve, aujourd'hui, l'assemblée de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a décidé que si l'Europe désire intégrer, dans son marché de quotas de CO2, les émissions de gaz à effet de serre des vols en provenance et en partance de son territoire, quelle que soit la nationalité des compagnies aériennes, elle devra, au préalable, avoir conclu des « accords » avec les pays dont ressortent les compagnies concernées. Les Etats-Unis, fortement opposés à cette proposition de l'Union européenne, sont pour beaucoup dans cette recommandation de l'OACI. En effet, cette semaine, M. Gray, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'UE, avait évoqué des poursuites devant l'OMC si l'Union poursuivait dans sa volonté d'imposer toutes les compagnies aériennes cette mesure, premier pas intéressant pour enfin réguler les émissions de CO2 du secteur aérien.

« La conférence de Bush sur le climat n'est rien de plus que de la propagande. Dès que l'on en vient à parler d'actions concrètes de réduction des émissions, l'administration de Bush s'oppose et profère même des menaces de sanctions à l'égard de l'Europe qui désire avancer », ajoute Morgane Créach.

Espérons donc que l'Union européenne refusera jusqu'au bout d'institutionnaliser ce processus parallèle de négociations tant désiré par Bush. Et surtout que d'autres Etats, aussi peu enclins que les Etats-Unis à faire les efforts nécessaires envers une réduction massive de leurs émissions (par ex., le Canada), ne s'engouffreront pas dans la brèche que Bush tente d'ouvrir.

* Etats-Unis, Chine, Russie, Japon, Inde, Allemagne, Canada, Royaume-Uni, Italie, Corée, France, Mexique, Australie, Afrique du Sud, Indonésie, Brésil, Union européenne.