"Coincé par les débats publics où les
citoyens questionnent de plus en plus l'opacité du nucléaire, et alors
que Greenpeace continue d'exposer les trafics de plutonium et de
déchets d'uranium, l'Etat recourt dorénavant aux services secrets pour
protéger une industrie nucléaire hantée par la transparence", déclare Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France.
Les convocations de la DST font suite au blocage le 19 février 2003, à
Chalon-sur-Saône, d'un camion transportant 150 kg de plutonium pendant
son trajet entre l'usine Areva/Cogema de La Hague et le site nucléaire
de Cadarache. Greenpeace entendait par cette action dénoncer
publiquement et pacifiquement le trafic secret et permanent de
quantités considérables de plutonium à travers toute la France. Un site
Internet était alors créé :
www.stop-plutonium.org, où l'on
peut trouver des informations relatives à la filière du plutonium et à
ses transports. Informations provenant toutes de sources publiques.
A travers cette action, Greenpeace pointait du doigt non seulement les
risques considérables liés à ces transports, mais aussi la culture du
secret entourant les activités nucléaires, culture incompatible avec la
transparence aujourd'hui clamée par l'industrie nucléaire. En réaction,
et à la demande de Madame Lauvergeon, PDG d'Areva, les autorités
renforçaient la législation du secret. Le 9 août 2003, on pouvait lire
dans le journal officiel un arrêté du 24 juillet relatif à la
protection du secret de la défense nationale, suivi d'un nouvel arrêté
daté du 26 janvier 2004, mettant sous le sceau du secret toute
information sur les matières nucléaires.
Lundi 28 novembre 2005, les militants et représentants de Greenpeace
ayant participé à l'action en 2003 comparaissaient devant le tribunal
de Chalon-sur-Saône et des peines d'amendes ont été requises contre
eux. Au cours de l'audience on apprenait que la DST était venue saisir
des pièces du dossier. Dans la foulée, en fin de semaine dernière, 3
représentants de l'association recevaient une convocation de la DST sur
commission rogatoire de la part d'un juge d'instruction sur demande du
procureur de la République de Paris.