Paris, France —
Alors que le sommet du G8 s'ouvre en Ecosse, Greenpeace demande à Jacques Chirac de tenir bon sur le dossier climatique. La France doit peser de tout son poids pour passer outre l'obstruction américaine et emmener les sept autres Etats du "club Kyoto" à franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Au sein du G8, les Etats-Unis sont les seuls à ne pas avoir ratifié le
Protocole de Kyoto et à afficher clairement une volonté de freiner
l'action internationale de lutte contre les changements climatiques.
Lors des rencontres préparatoires, l'administration Bush a
inlassablement œuvré à vider de toute substance le communiqué qui
devrait ressortir de ce sommet. Les Etats-Unis rechignent en
particulier à ce que soient explicitement affirmés la réalité
scientifique du réchauffement global, la responsabilité humaine dans le
phénomène et l'impérieuse nécessité pour les Etats développés de mener
l'effort international de réduction des émissions de gaz à effet de
serre, notamment via le respect et le renforcement des objectifs de
Kyoto.
Le G8 est constitué des pays les plus riches mais aussi les plus
émetteurs de gaz à effet de serre ; ils doivent assumer leur
responsabilité historique dans le dérèglement du climat mondial.
"Les sept Etats engagés dans Kyoto et
notamment les Européens doivent être solidaires et tout tenter pour
ramener les Etats-Unis à la raison. La recherche du consensus ne doit
pas profiter à l'administration Bush et conclure sur un communiqué
faible qui de fait, ramènerait la dynamique internationale des années
en arrière." explique Laetitia De Marez, chargée de campagne climat pour Greenpeace. "Nous serons vigilants et encouragerons le Président Chirac à ne pas associer la France à un tel compromis !".
La France a un rôle primordial à jouer
dans les prochains jours. Le Président Chirac a assuré à de nombreuses
reprises qu'il serait inflexible et ne signerait aucun communiqué ne
comprenant pas certains éléments cruciaux dont la référence explicite
au consensus scientifique sur le climat, au Protocole de Kyoto et au
régime de réduction d'émissions renforcé de l'après 2012.
"Kyoto est le seul cadre d'action
multilatérale crédible et légitime. C'est aux Etats-Unis de s'y
conformer et non pas aux pays membres de le brader pour amadouer Bush.
Des dizaines d'Etats fédérés et des centaines de villes américaines
n'ont pas attendu et l'appliquent déjà !" rappelle Laetitia De Marez "La
fermeté de l'Europe et de la France permettra aux négociations sur les
engagements de réductions post 2012 de débuter, cet automne à Montréal,
sur des bases saines, favorisant la collaboration avec les pays
émergents."
Le réchauffement climatique sera l'un des freins majeurs au
développement des pays pauvres, parmi lesquels les pays africains sont
particulièrement vulnérables.
"L'éradication de la pauvreté passe
par la justice climatique. Les pays industrialisés doivent à présent,
au-delà des communiqués et autres beaux discours, prendre des mesures à
la hauteur des enjeux et proposer un plan d'action concret, démontrant
leur volontarisme." conclut-elle.
Greenpeace estime qu'un communiqué ne comportant pas les éléments suivants constituerait un échec pour les leaders du G8:
> Une référence claire à la science climatique
soulignant le consensus sur l'urgence et l'ampleur du problème et la
responsabilité humaine dans celui-ci.
> Une référence sans ambiguïté au Protocole de Kyoto,
premier pas vers des objectifs de réductions drastiques pour les
périodes d'engagement post 2012
> Un signal politique fort en direction des
acteurs économiques leurs assurant que les réductions d'émissions vont
se poursuivre et s'intensifier de manière à ce qu'ils puissent s'y
préparer, notamment via la perpétuation et le resserrement du système
d'échange de permis après 2012.
> Une réaffirmation de la nécessité de s'appuyer
sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique pour réduire
les émissions et la volonté d'assurer les transferts de ces
technologies (et leur financement) vers les pays en développement.