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Banderole STOP-PLUTONIUM au dessus de l'entrée du tunnel Mirabeau sur 
l'A51 à 5 km de Cadarache

Banderole STOP-PLUTONIUM au dessus de l'entrée du tunnel Mirabeau sur l'A51 à 5 km de Cadarache

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Cadarache, France — Pour consulter nos derniers documents et informations: www.STOP-PLUTONIUM.org
Le camion transportant 140 kilos de plutonium américain est arrivé aux portes de Cadarache. Il a été accompagné tout au long du trajet par une imposante escorte de sécurité: fourgons, motos, hélicoptères, aires d'autoroute, ponts et tunnels extrêmement surveillés.

"L'impressionnant dispositif de sécurité est le résultat du travail d'information et de mobilisation que Greenpeace, malgré les interdictions, a développé autour de ce transport. C'est cette médiatisation qui a forcé les autorités à prendre très au sérieux les menaces qui pèsent sur ce type de matières nucléaires. Cela confirme, si besoin était, que le plutonium constitue bien une menace pour la sécurité mondiale et ne devrait en aucun cas être l'objet de commerce", déclare Yannick Rousselet, responsable de campagne nucléaire à Greenpeace France.

Chaque année, ce sont environ 80 convois transportant la même quantité de plutonium (environ 150 kilos) qui partent de la Hague vers l'usine de Marcoule près d'Avignon pour être transformé en combustible MOX. Ces convois sont entourés de mesure de sécurité très faibles, en général une fourgonnette de gendarmes à l'avant, une à l'arrière, exposant la population française à des risques d'accident ou d'atteintes terroristes. La logique industrielle d'Areva conduit à rendre routiniers (itinéraires et horaires largement prévisibles) et à limiter les coûts liés à la sécurité. Tous les ans, ce sont donc plus de 10 tonnes de plutonium qui sont ainsi transportées de La Hague vers le sud de la France.

La question qui se pose à Areva et aux pouvoirs publics est désormais la suivante : comment justifier de telles différences dans les mesures de sécurité, dans un cas exceptionnelles, dans l'autre incroyablement laxistes ? La différence entre le plutonium militaire et le plutonium commercial est pourtant très faible : l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) les reconnaît tout deux comme très dangereux et proliférants. Il faut certes 1 à 3 kilos de plutonium militaire pour faire une bombe atomique de type Nagasaki, contre 6 à 8 kilos pour le plutonium commercial, mais lorsqu'Areva en produit 10 tonnes par an, cette différence devient marginale. En cas d'accident ou d'attaque terroriste en revanche, les conséquences sanitaires et écologiques liées à la dispersion dans l'atmosphère de plutonium commercial, plus irradiant, seraient plus dramatiques que pour le plutonium militaire.

"Les derniers jours ont clairement démontré que le transport de plutonium n'était pas comparable à un simple transport de bananes comme Areva et les autorités publiques voulaient à un moment nous le faire croire" ajoute Yannick Rousselet. "Dès lors, pourquoi 2 poids, 2 mesures ? pourquoi les 10 tonnes de plutonium commercial transportées chaque année à travers la France au rythme de 2 à 3 convois chaque semaine ne bénéficient-elles pas des mêmes conditions ? Que va t'il se passer mardi prochain, jour de départ prévu du prochain transport".

Cela fait maintenant près de 2 années que Greenpeace suit et documente l'ensemble de ces transports qui traversent la France à une régularité de métronome pour les heures de départ et les trajets utilisés.

Cette industrie du plutonium est extrêmement proliférante. Aux 70 à 80 tonnes de plutonium stockés par Areva à La Hague, viennent s'ajouter chaque année 8 à 10 nouvelles tonnes, l'équivalent de 4 nouvelles bombes atomiques chaque jour.

"Areva fait l'exact opposé de ce qu'il prétend. Au lieu de contribuer au désarmement et à l'élimination du plutonium, il participe au contraire à son expansion au détriment de la sécurité nationale et internationale. La seule solution pour se débarrasser du plutonium et de ses dangers est de le rendre difficilement utilisable en le mélangeant avec des déchets radio actifs rendant son utilisation extrêmement complexe" a conclu Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France.