Remonter :
Des militants de Greenpeace déploient une bannière anti-guerre sur un 'coeur en néon' du palais présidentiel à Prague.
AgrandirLe monde a besoin d'un mécanisme international de contrôle des armes et de d'encouragement au désarmement. Ce mécanisme existe en partie, notamment dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le Désarmement à Genève, ou dans le cadre d'accords comme le Traité de Non Prolifération (NPT), le Traité d'interdiction des essais nucléaires (CTBT - Comprehensive Test Ban Treaty), ou encore les Conventions sur les armes biologiques et sur les armes chimiques. Les esprits critiques souligneront que ces accords internationaux sont inefficaces... Mais imaginez la force que pourraient avoir ces textes s'ils étaient effectivement soutenus par les Etats-Unis et par les autres membres permanents du Conseil de Sécurité. Car se sont ces Etats qui sont collectivement responsables de la plus grande part des stocks mondiaux d'armes de destruction massive.
Prenons par exemple le Traité de Non Prolifération. Ce traité est un contrat : Les Etats signataires qui ne possèdent pas l'arme nucléaire promettent de ne pas l'acquérir et en contrepartie les Etats signataires déjà nucléarisés s'engagent à démanteler leur arsenal nucléaire. Depuis près de trente ans, les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, la Russie et la Chine ont, dans les faits, foulé au pied ces engagements !
L'administration américaine développe de nouvelles armes nucléaires qui pourraient être utilisées comme "armes conventionnelles". La même administration américaine a décidé de maintenir un arsenal d'environ dix milles têtes nucléaires. Lors de la Conférence de révision du Traité de Non Prolifération en 2000, les Etats-Unis (sous l'autorité du Président Clinton) et d'autres signataires ont adopté 13 accords spécifiques de désarmement pour mettre en oeuvre le Traité. La première étape était l'arrêt définitif des essais nucléaires. Pourtant, l'an dernier, le Président Bush a déclaré qu'il ne respecterait pas ses engagements !
La situation est identique pour ce qui concerne les armes biologiques. En 2001, le gouvernement américain s'est opposé à l'adoption d'un Protocole à la Convention sur les Armes Biologiques. Ce texte établissait un mécanisme de vérification, sur le terrain, prévoyant des inspections "intrusives". L'administration Bush a argumenté son refus en prétendant que ce Protocole menaçait les intérêts commerciaux de son industrie des biotechnologies !
Nous ne voulons pas ici minimiser les problèmes très préoccupants générés par le régime de Saddam Hussein. Mais si Bush et Blair et leurs affiliés sont authentiquement concernés par les armes de destruction massive, ils doivent impérativement cesser leur politique actuelle, construite sur une hypocrisie effrontée, et s'engager sans attendre dans un processus rigoureux de contrôle des armes, de non prolifération nucléaire et de désarmement.
Enfin, il est intéressant de lire que ces huit chefs d'Etat attachent la plus haute importance au respect de la Loi. Pourtant une attaque "préventive" contre l'Irak, en l'absence de menace réelle et imminente de la part de ce pays, est totalement illégale au regard des lois internationales. Elle le sera plus encore si une telle démarche ne recevait pas l'accord explicite du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Dans ces conditions, ces huit chefs d'Etat sont-ils prêts à confirmer, sans délai, qu'ils ne participeront en aucun cas à une guerre illégale ?