Remonter :
Un homme porte le corps de sa femme devant l'usine désertée d'Union Carbide d'où provenait le gaz toxique qui l'a tuée la nuit précédente
AgrandirIl y a 20 ans à Bhopal en Inde dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, 40 tonnes de gaz mortels s'échappaient d'une cuve de l'usine de pesticides de Union Carbide et se répandaient sur la ville de Bhopal. 8 000 personnes sont décédées dans les trois jours qui suivirent et vingt ans après, 20 000 morts sont imputés à cette catastrophe.
"A Bhopal, les responsables continuent de se cacher derrière le simulacre de justice qui a été arrangé en 1989 et qui a gratifié une partie des victimes de seulement 600 dollars, pas grand chose quand on sait qu'elles ont besoin de soins médicaux à vie. Aujourd'hui encore, 150 000 survivants et leurs enfants souffrent quotidiennement de graves problèmes de santé dus à la pollution des sols et de l'eau, causée par les stocks de produits chimiques abandonnés sur le site de l'usine. Depuis vingt ans, rien n'a été fait pour remédier à cette pollution chronique et Dow - repreneur de Union Carbide- refuse de prendre en charge le nettoyage du site", a déclaré Aurèle Clémencin, responsable de la campagne responsabilité sociale et environnementale des entreprises pour Greenpeace France.
Les associations se joignent à l'appel international de la Campagne Internationale pour la Justice à Bhopal pour que les demandes des victimes soient enfin satisfaites et qu'en premier lieu le site soit décontaminé par Union Carbide/Dow Chemical.
La France n'a pas été épargnée par les catastrophes et les associations ne l'oublient pas. En 2001, Toulouse a été meurtrie par un accident sans précédent sur notre territoire. Les activités les plus dangereuses, notamment l'activité phosgène, y ont été interdites pour se retrouver aujourd'hui concentrées à Grenoble où la production a doublé depuis 2001, ce qui expose maintenant plus de 300.000 personnes à ce risque chimique.
"Le consensus «Plus Jamais Ca Ni Ici Ni Ailleurs» n'est apparemment pas partagé par les pouvoirs publics grenoblois. Les leçons de la catastrophe de Bhopal doivent enfin être tirées afin que les populations puissent bénéficier d'une protection maximale contre les accidents mais aussi contre les comportements parfois quasi-criminels des entreprises" a conclu Aurèle Clémencin.
La communauté internationale doit rapidement adopter un instrument juridiquement contraignant pour que les entreprises mettent en oeuvre les standards les plus élevés de protection environnementale et sanitaire, et qu'elles assument financièrement les catastrophes dont elles, ou leurs filiales, sont responsables.
Notes :
(1) - http://www.greenpeace.org/international_en/multimedia/download/1/667226/0/Experts-summary.pdf
(2) - http://www.amnesty.asso.fr/asp/pdf/asa201042004.pdf
(3) - commémoration à Grenoble le 3 décembre, départ place Saint André à 17h30.