Michel Savary - Victime de l'amiante
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Paris, France —
Après leur conférence de presse, les victimes de l’amiante et les associations opposées à l’exportation du Clemenceau en Inde se sont rendues à l’Elysée pour y rencontrer le président de la République, l’informer de la réalité des dangers liés à l’exportation du Clemenceau et l’inviter à se rendre sur les chantiers de démolition d’Alang lors de son prochain voyage officiel en Inde.
Une délégation des victimes de l’amiante et les représentants des
associations ont pu rencontrer deux conseillers du président de la
République et le porte-parole du ministère de la Défense.
« Nous souhaitions interpeller
l’autorité morale du président de la République pour qu’il réponde à
deux questions : puisque la France défend la spécificité de navire
de guerre du Clemenceau, considère-t-il que l’amiante militaire est
moins dangereux que l’amiante civil ? Puisque les chantiers de
démolition n’ont pas d’infrastructures de désamiantage, considère-t-il
que l’amiante est moins dangereux en Inde qu’en France ? » déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France.
La délégation a été affligée par l’amateurisme du ministère de la Défense en charge du dossier.
« Chaque pression de l’opinion
publique conduit le ministère de la Défense à intégrer ici un
ingénieur, là un contrôleur. Contrairement aux déclarations
précédentes, il apparaît clairement que ni repérage, ni plan de retrait
de l’amiante n’avait jamais été envisagé. C’est l’amateurisme et le
cynisme absolu » ajoute Michel Parigot, président du Comité anti-amiante Jussieu.
« Le gouvernement français ne
mesure absolument pas l’importance des enjeux soulevés. Il n’a aucun
argument sérieux sur la sécurité et la santé des travailleurs indiens
qui seront exposés à des centaines de tonnes d’amiante. Victimes et
associations vont continuer à lutter contre ce scandale » conclut François Desriaux, président de l’Andeva.