Deux activistes à bord du porte-avions Clemenceau, à 50 miles nautiques des côtes égyptiennes, brandissant une banderole "Pas d'amiante en Inde".
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Paris, France —
Alors qu'il est confirmé de la part des autorités égyptiennes que le Clemenceau n'a pas l'autorisation d'entrer dans les eaux égyptiennes et, a fortiori, d'emprunter le Canal de Suez, le porte-amiante français va de nouveau faire des tours dans l'eau plusieurs jours, deux ans après une première expérience en Méditerranée qui avait conduit au retour du Clemenceau à Toulon pour un désamiantage malheureusement partiel. Participez à notre cyberaction
"Greenpeace félicite les autorités
égyptiennes pour leur volonté d'appliquer à la lettre la Convention de
Bâle en dépit des pressions de la France qui semble oublier qu'elle est
elle-même signataire de la Convention, déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France. Ce
dossier du Clemenceau est très politique et commence à générer de vives
critiques internationales à l'égard de la France, soulignant sa
violation du droit international, la Convention de Bâle, et son mépris
incroyable pour l'environnement et la santé des ouvriers des chantiers
de démolition indiens."
S'il apparaît que les autorités françaises sont incapables de fournir à
l'Autorité égyptienne de la Protection de l'Environnement (EPA) les
informations précises sur les substances toxiques à bord du Clemenceau,
et en particulier l'amiante, requises par la Convention de Bâle, les
autorités indiennes, interpellées de la même façon par l'EPA, en sont
tout autant incapables. Et pour cause, puisqu'elles les attendent des
autorités françaises, et en particulier du Ministère français de
l'environnement jusqu'à maintenant largement exclu du dossier
Clemenceau.
Selon les contacts de Greenpeace et de Ban Asbestos au sein de
l'administration indienne, la Cour suprême évoquera cette question dans
une réunion le lundi 16 janvier avant que, comme convenu, le comité de
suivi de l'application de la Convention de Bâle auprès de la cour
Suprême (Monitoring Committee) entendent les différentes parties
prenantes du dossier vendredi 20 janvier à New Delhi.
"On imagine mal les autorités
indiennes donner d'ici lundi des indications positives à l'Egypte pour
le transit du Canal de Suez alors qu'elles interdisent toujours l'accès
du Clemenceau dans leurs eaux territoriales, explique Annie Thébaud-Many, porte-parole de Ban Asbestos qui représentera les associations en Inde le 20 janvier. Greenpeace,
Ban Asbestos et la FIDH demandent à la Cour Suprême indienne de
confirmer le premier avis émis le 6 janvier dernier interdisant
l'importation du déchet toxique Clemenceau."
Dans ce contexte, les deux activistes de Greenpeace, ayant parfaitement
rempli leur mission d'alerte, quittent volontairement le Clemenceau
dont ils occupaient le mât central depuis jeudi 12 janvier à 7h30 du
matin. Le bateau affrété par Greenpeace va néanmoins continuer à
surveiller les déplacements du Clemenceau dans les prochains jours.
"Pendant combien de temps le
gouvernement français va-t-il garder la tête dans le sable ? Les
tentatives de passage en force auprès des autorités égyptiennes et
indiennes ne feront qu'accroître le rejet dont la France fait l'objet
sur ce dossier par l'opinion publique mondiale ! Il n'y a qu'une
destination pour le Clemenceau : Toulon !" conclut Yannick Jadot.