Paris, France —
Alors que le Clemenceau n'est toujours pas entré dans le canal de Suez, la coque amiantée de la marine française génère des attaques de plus en plus vives de la part des opinions publiques et de divers institutions démocratiques égyptiennes et indiennes contre l'arrogance affichée par l'Etat français. C'est maintenant l'image de la France qui est en jeu.
"Aucun citoyen d'ici ou d'ailleurs ne
peut admettre qu'un pays riche se débarrasse ainsi dans un pays du Sud
d'un déchet toxique dangereux pour la santé et l'environnement, déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France. La
crédibilité de la France est sérieusement écornée. Greenpeace en
appelle au Président de la République pour que la justice sociale et
environnementale qu'il défend régulièrement sur la scène internationale
cesse d'être bafouée par son gouvernement".
Dès hier soir, le Président du Parlement égyptien demandait
formellement au gouvernement de surseoir à sa décision d'autoriser le
transit du Clemenceau jusqu'à ce que la prochaine session du Parlement
se tienne, le 28 janvier. Ce mercredi, c'est l'ensemble des grands
medias égyptiens qui questionnent de manière très critique
l'arrangement diplomatique entre la France et l'Egypte.
Hier soir, lors d'un débat télévisé, le porte-parole du Parti du
Congrès indien (parti actuellement au gouvernement) déclarait à propos
de l'affaire du Clemenceau : "Je
réagis avec horreur ! Il n'y a absolument rien de plus important
que protéger la vie humaine et la santé des travailleurs d'Alang. Aucun
contrat, aussi gros soit-il, ne devrait nous tenter d'ignorer les
enjeux de santé environnementale."
"Le Président de la République doit
prendre acte de l'opposition que suscite l'exportation du Clemenceau et
assumer la responsabilité de faire revenir le Clemenceau à Toulon pour
y être désamianté. A l'arrogance et au cynisme du Ministère de la
Défense doivent succéder un discours de responsabilité et des décisions
de justice sociale et environnementale. Ce n'est pas parce que le
Clemenceau est mort qu'il doit continuer de tuer" conclut Yannick Jadot.