Paris, France —
Le 13/02/07 - La rumeur de censure sur le documentaire de Paul Moreira, « Les OGM sont-ils dangereux pour la santé ? L'étude qui accuse » n'en finit pas d'enfler et d'agiter la toile... Alléchés à l'idée de visionner un film interdit, les internautes se sont précipités sur la page de Google video où il est disponible. Résultat : le documentaire vient de passer la barre des 2,5 millions de visionnages !
Voir le film sur Google Vidéo
Pourtant, Paul Moreira dément formellement avoir fait l'objet d'une quelconque censure et son film a été diffusé sur Canal + à l'automne 2005. Il avait alors été vu par environ 400 000 personnes.
Cette rumeur de censure, typique d'Internet, offre à ce documentaire une seconde vie. Greenpeace estime aussi que cette curiosité témoigne de l'inquiétude réelle que suscitent les organismes génétiquement modifiés.
Le documentaire de Paul Moreira met en cause la validité des tests pratiqués par la multinationale américaine Monsanto dans une affaire dans laquelle Greenpeace avait joué un rôle important. L'histoire remonte à l'année 2004 : Monsanto avait alors réalisé une étude toxicologique pour obtenir en Europe l'homologation de son maïs transgénique MON863. Après un bras de fer judiciaire, Greenpeace avait obtenu la publication de cette étude que Monsanto voulait garder confidentielle sous prétexte de secret industriel. On avait alors appris que les rats nourris avec cet OGM présentent des anomalies : augmentation de la glycémie, diminution des globules rouges, lésions rénales et hépatiques, etc. Des effets biologiques inattendus qui auraient du rendre indispensables des examens plus approfondis avant toute mise sur le marché du MON863. Mais le maïs OGM de Monsanto a néanmoins été autorisé dans l'Union européenne...
« C'est aberrant et scandaleux qu'en Europe et en France on autorise et on cultive des OGM alors que personne n'en veut », estime Magali Ringoot, de la campagne OGM de Greenpeace France. Selon un sondage réalisé par CSA pour Greenpeace en septembre 2006, 86 % des Français réclament une interdiction - temporaire ou définitive - des OGM. Et aucun des candidats à la présidentielle n'affirme vouloir encourager leurs cultures en plein champ. « Refus de l'opinion publique, manque de certitudes scientifiques, contamination génétique... pour toutes ces raisons, Greenpeace demande aux candidats à l'élection présidentielle d'écouter les Français et de s'engager à mettre en place, une fois élu, un moratoire sur les cultures d'OGM en plein champ, reprend Magali Ringoot. Pour l'instant, seuls deux candidats n'ont pas encore pris cet engagement : Nicolas Sarkozy et François Bayrou. »