Greenpeace et le laboratoire indépendant ACRO (1) mènent une campagne de prélèvements au Centre de Stockage de la Manche (CSM) qui met en lumière la gestion catastrophique des déchets radioactifs. Un rapport publié à cette occasion fait un point sur les défaillances de ce centre de stockage et montre notamment l’importante pollution des eaux et nappes phréatiques autour du site atteignant à certains endroits des niveaux plus de 1000 fois supérieurs aux normes de qualité en vigueur .(2)
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Avec 527 217 m3 de déchets de faible et moyenne activité entreposés entre 1969 et 1994, le CSM est et reste à ce jour un élément incontournable pour comprendre les problèmes que pose le stockage pour l’éternité de matière nucléaire et les limites de la notion de réversibilité explique David Boilley, Directeur de l’ACRO.
Il y a donc des enseignements à tirer. On ne peut répéter les erreurs du passé particulièrement avec des déchets de haute activité que l’on souhaite enfouir profondément : loin des yeux, loin du cœur. »
En plus des contaminations scandaleuses de l’environnement, le CSM livre bien des leçons inquiétantes :
- inventaire des matières et colis mal connus ;
- stockage de déchets étrangers représentant plus de 10% des déchets du site (allemands, hollandais, belges, suisse, japonais) – le stockage de déchets nucléaires étrangers est pourtant interdit par la loi ! ;
- présence de radioéléments à longue vie qui rend le site impossible à banaliser dans 300 ans comme prévu initialement ;
- mauvais conditionnement et crainte d’effondrement pour nombre de colis ;
- irréversibilité du centre alors qu’il s’agit d’un stockage en surface…
Le CSM ayant reçu ses derniers déchets en 1994, un nouveau centre de stockage situé à Soulaines dans l’Aube en Champagne, a pris le relais. Ce centre connaît déjà une contamination de la nappe phréatique aujourd'hui inexpliquée par l’industrie(3). Il fonctionne par ailleurs sans aucune autorisation de rejets depuis son ouverture en 1992 tout en rejetant néanmoins de la radioactivité quotidiennement.
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Alors qu’on nous fait miroiter une solution pour gérer les déchets les plus radioactifs et à vie longue en proposant de les enfouir à 500 m sous-terre, rappelle Frédéric Marillier, chargé de campagne Energie pour Greenpeace,
l’exemple du CSM doit rappeler les parlementaires à la raison et les pousser à refuser cette option pleine d’incertitudes qui risque de se révéler encore plus catastrophique que les conséquences liées au CSM ».