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Plus de 500 personnes manifestent à Lorient contre l'importation de 
soja transgénique en Europe

Plus de 500 personnes manifestent à Lorient contre l'importation de soja transgénique en Europe

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Lorient, France — Trois jours après l'interception en haute mer par le navire de Greenpeace, l'Esperanza, du navire Golden Lion, transportant 32.000 tonnes de tourteaux de soja transgénique en provenance d'Argentine, près de mille personnes se sont retrouvées le 28 janvier dernier à son arrivée à Lorient. Dès 6 h du matin, malgré une présence impressionnante des forces de police, des zodiacs et des canots de Greenpeace retardaient l'accostage du Golden Lion.

A partir de 10h, des opposants aux OGM venus de toute la France, à l'appel de Greenpeace, la Confédération Paysanne et les Faucheurs Volontaires, se sont rassemblés pacifiquement pour protester contre le déchargement de la cargaison OGM. Les dockers avaient décidé de ne pas accepter de travailler avec la présence de la police sur les quais, ce qui a empêché le déchargement pendant toute la matinée. Après diverses prises de parole de représentants locaux et nationaux d'associations et de syndicats, les protestataires ont pu signaler la présence d'OGM et manifester graphiquement le refus de leur introduction dans la chaîne alimentaire en peignant la coque du navire. La peinture bleue utilisée souligne le côté un-naturel de l'aliment OGM : la nature n'a créé quasiment aucun aliment bleu et cette couleur un effet répulsif lorsqu'elle est appliquée à l'alimentation.

A 15h, la protestation passait le relais à Porto Alegre, au siège brésilien de la multinationale Monsanto, responsable du soja génétiquement modifié Roundup Ready, qui couvre maintenant 99% des surfaces de soja en Argentine et contamine sérieusement certaines régions du Brésil. L'édifice fut baptisé d'une plaque intitulée : Consulat de la République Unie du Soja, en référence à l'aire de répartition de la culture du soja en Amérique du Sud, qui s'étend de l'Argentine à l'Amazonie. Arnaud Apoteker, de la campagne OGM de Greenpeace, et José Bové ont pu exprimer par téléphone et haut-parleurs aux 500 manifestants de Porto Alegre la solidarité des opposants français aux OGM et la complémentarité des protestations des deux côtés de l'Atlantique.

Que tant de gens se soient mobilisés aussi rapidement et soient venus jusqu'à Lorient, un vendredi de janvier, prévenus à peine 72 heures à l'avance, représente un espoir considérable pour les luttes à venir. Cette grande mobilisation en Bretagne doit être entendue par le Conseil Régional de Bretagne, qui a récemment voté une délibération pour être une région sans OGM, y compris dans l'alimentation animale. Il ne peut accepter de fermer les yeux sur les millions de tonnes de soja OGM débarqué chaque année dans les ports de Brest et Lorient et doit sans tarder obtenir des acteurs économiques de la filière agroalimentaire qu'ils se mettent au non OGM.

Le succès de ce rassemblement est un signe fort que les Français ne veulent pas d'OGM dans leur alimentation, et n'acceptent pas qu'on tente de les y introduire à leur insu, par le biais de l'alimentation des animaux, dont les produits ne sont pas étiquetés. Le message est passé, et il va falloir que les industries de l'agroalimentaire l'entendent. Déjà, un certain nombre d'opérateurs manifestent leur désir d'un étiquetage des produits animaux. Soulès CAF, pourtant l'importateur du soja OGM du Golden Lion, s'y prétend favorable, de même que Carrefour. Il est vrai que ceux qui se sont engagés, même partiellement, dans une démarche non OGM, ont tout à y gagner.

Le soja OGM débarqué à Lorient, ou à Brest le dimanche suivant, par un navire encore plus gros (70.000 tonnes), au total près de 5 millions de tonnes par an pour la France, finit dans le lait, le beurre, les oeufs, la viande, etc. et c'est là que les consommateurs peuvent agir, si les importateurs et les fabricants d'alimentation animale n'écoutent pas. Comment ceux-ci peuvent-ils prétendre qu'il n'y a pas de demande pour le soja non OGM alors que plus de 75% des consommateurs ne veulent pas d'OGM ? Tout simplement parce que l'étiquetage et la traçabilité se perdent après l'aliment animal, que le fabricant de produits alimentaires issus d'animaux, dispensé d'informer le consommateur, ne se préoccupe pas de réclamer du non OGM. Le guide des produits avec et sans OGM de Greenpeace permet aux consommateurs de choisir des produits exempts d'OGM et donc de faire pression sur les fabricants qui ne veulent pas les exclure. Et nul doute qu'après avoir spectaculairement signalé au public les importations massives d'OGM, Greenpeace ne manquera pas de désigner prochainement au grand jour les utilisateurs d'OGM.