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Greenpeace livre des dauphins morts au ministère de l'agriculture et 
de la pêche

Greenpeace livre des dauphins morts au ministère de l'agriculture et de la pêche

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Paris, France — Ce matin, un dauphin a été livré à Dominique Bussereau, ministre de l'agriculture et de la pêche. L'action était menée conjointement avec Greenpeace Grande Bretagne. Les bureaux français et anglais ont coordonné leurs actions pour livrer simultanément leur Dauphin à l'ambassade de France à Londres et au ministère français. A cette occasion, Greenpeace a renouvelé sa demande pour l'adoption d'un moratoire immédiat sur la pêche au bar au chalut-boeuf pélagique (1) dans les eaux françaises et britanniques de la Manche. Grâce à son action, Greenpeace a pu obtenir ce matin à 10h30 un rendez-vous avec un des responsables de la question au Ministère. Cette rencontre doit permettre de faire évoluer favorablement la position de la France. Chaque année, plus de 2000 dauphins meurent après avoir été capturés accidentellement dans les filets de ces chalutiers français et britanniques. (3)

La semaine dernière, Greenpeace a rencontré la Direction des pêches maritimes et de l'aquaculture (DPMA) pour leur exposer les résultats d'études scientifiques pilotées par le gouvernement britannique. Ces études démontrent que la pêche au bar au chalut boeuf pélagique (1) est à l'origine d'un taux de mortalité qui remet en cause la survie même de certaines populations de dauphins dans la Manche (2). Mais le ministère concerné est resté sourd aux recommandations des scientifiques, alors qu'il est de son devoir de protéger les dauphins selon la réglementation européenne (directive Habitats). Le gouvernement britannique conscient de la gravité du problème a, pour sa part, commencé à mettre en place un certain nombre de mesures de gestion et avait demandé à la Commission européenne de prendre des mesures d'urgence. Le ministre britannique en charge de la pêche a déclaré la semaine dernière "la majorité de l'effort de pêche au chalut-boeuf pélagique est français. [Greenpeace] ferait bien de sensibiliser en France".

Les pêcheurs côtiers de bars à la ligne, s'indignent également des pratiques destructrices des chalutiers-boeufs pélagiques. Les ligneurs (4) considèrent que la pêche au bar au chalut boeuf pélagique telle qu'elle est pratiquée en Manche en période de frai a des effets désastreux sur la ressource. Ils demandent que "la pêche au bar soit interdite de février à mi-mars". Depuis plusieurs années déjà, les pêcheurs récréatifs (5) réclament l'arrêt de la pêche hivernale du bar.

Pour Frédéric Castell, chargé de mission Océans à Greenpeace France, "le gouvernement français ne peut pas continuer plus longtemps à ignorer les problèmes soulevés par Greenpeace, des ligneurs professionnels et des pêcheurs récréatifs. Face à l'urgence de la situation, la France doit prendre au sérieux les recommandations des scientifiques et cesser de faire obstruction à l'adoption de mesures d'urgence au niveau européen. L'adoption d'un moratoire immédiat sur la pêche au bar au chalut-boeuf pélagique dans la Manche s'impose afin de garantir la protection des dauphins et la pérennité de la ressource en préservant l'emploi de nombreux pêcheurs."
Notes :
(1) - Chalut tracté par deux bateaux.
(2) - Rapport WDCS "Cétacés et pêche au chalut pélagique en Manche Ouest". Février 2004.
Disponible sur www.defendonslesoceans.org
(3) - Le rapport du Sea Mammal Research Unit (SMRU) de septembre 2004, estime que la pêcherie britannique au bar au chalut-boeuf pélagique a provoqué la mort de 439 dauphins lors de la saison 2003-2004. L'effort de pêche français dans la zone étant cinq fois supérieur au britannique, on estime que les flottes françaises et britanniques de chalutiers-boeuf pélagiques pêchant le bar pourraient être responsables de la mort de plus de 2000 dauphins chaque année dans la Manche.
(4) - Les ligneurs pratiquent la "pêche à ligne". Il s'agit d'une corde principale de laquelle partent des lignes secondaires avec des centaines d'hameçons.
(5) - Les pêcheurs récréatifs défendent la pêche pratiquée par les plaisanciers.