Vous êtes ici:
En parallèle du défilé et suite à une série de rencontres avec Greenpeace, l'industriel Mango et le fabricant de chaussures Camper ont annoncé leur engagement à éliminer progressivement les substances dangereuses de l'ensemble de leurs gammes de produits. Et le groupe Inditex, propriétaire entre autres des magasins Zara, a apporté sa collaboration aux créateurs de "Moda sin tóxicos" en les aidant à identifier des matériaux protégeant la santé et l'environnement.
Il est donc possible d'utiliser des alternatives aux substances chimiques dangereuses habituellement intégrées dans les articles de consommation, en particulier dans le textile. C'est ce que préconise le "principe de substitution", au cœur du débat européen autour de la future réglementation chimique Reach (3). Objectif : prévenir l'exposition aux substances chimiques susceptibles de provoquer des maladies (cancers, troubles de la reproduction, atteintes aux systèmes immunitaire et nerveux). "Intégrer des critères sanitaires et environnementaux implique aujourd'hui un processus long et compliqué pour les fabricants, reprend Yannick Vicaire. La réforme Reach et le principe de substitution vont leur faciliter la tâche, en imposant à l'industrie chimique plus de garanties sur la sûreté des substances qu'elle met sur le marché."
A Bruxelles, les géants de la chimie comme BASF ou Arkema tentent par tous les moyens de vider Reach de sa substance et de faire barrage au principe de substitution. Face à cet intense lobbying, "Moda sin tóxicos" offre l'image d'un avenir sain, économiquement dynamique et coloré. Greenpeace encourage les députés européens à renouveler leur soutien au "principe de substitution" lors du passage de la future réglementation en seconde lecture, prévu pour cet automne. L'association appelle aussi les Etats membres à écouter le message de ces créateurs innovants. "Si une législation oblige les producteurs de matériaux textiles à suivre des normes plus strictes, cela ne sera pas à nos dépends mais au contraire pour notre plus grand bénéfice", affirme Carmen March, l'une des seize stylistes de "Moda sin tóxicos".
Notes:
(1) - Ágatha Ruiz de la Prada, Anke Schlöder, Antonio Pernas, Carlos Díez, Carmen March, David Delfín, Hannibal Laguna, Ion Fiz, Jocomomola, Josep Abril, Juana Martín, Juanjo Oliva, La casita de Wendy, Locking Shocking, Luxoir et Txell Miras.
(2) - Plomb, nickel, phtalates, formaldéhyde, chrome 6 et arylamine.
(3) - Reach pour "Registration, Evaluation and Authorisation of Chemicals", c'est-à-dire "enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques".