11 activistes de Greenpeace à bord de 3 embarcations ont tenté de bloquer le Kapitan Kuroptev, à son arrivée à Saint- Petersbourg.
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Saint-Petersbourg , Federation de russie —
11 activistes de Greenpeace à bord de 3 embarcations ont tenté de bloquer le Kapitan Kuroptev, à son arrivée à Saint- Petersbourg. Ce navire russe transporte 1000 tonnes de déchets nucléaires. Greenpeace avait déjà bloqué le chargement de ce bateau jeudi dernier dans le port du Havre.
Plus de 1000 tonnes de déchets d'uranium français sont arrivées, par
bateau, cet après-midi dans le port de Saint-Petersbourg en
Russie. 90% de ces déchets y seront stockés définitivement. Greenpeace
s'oppose au fait que la Russie devienne la poubelle mondiale du
nucléaire.
Les déchets d'uranium transportés par ce navire le "kapitant kuroptev"
sont constitués d'uranium appauvri produit à l'usine Areva/Eurodif
de Pierrelatte dans la Drôme. Ils sont transportés sous une forme
chimique très instable et dangereuse dans des conteneurs ne répondant
pas aux standards de sûreté internationale et seront stockés en
Sibérie.
L'action de dénonciation de Greenpeace dans le port du Havre, jeudi
dernier, a provoqué la réaction de l'industrie nucléaire, Areva qui a
déclaré qu'il ne s'agissait pas de déchets nucléaires mais de "matière énergétique transportée en Russie pour y être enrichie".
Les portes-paroles d'Areva ont cependant reconnu dans "Nuclear Fuel" du
5 décembre, comme le disait Greenpeace, que 90% de ces déchets
resteront définitivement en Russie.(1)
"Nous réclamons que toute la lumière
soit faite sur ces exportations. L'industrie nucléaire doit
immédiatement publier les contrats signés avec la Russie, dévoiler les
quantités d'uranium envoyées en Russie et celles laissées sur place,
ainsi que les agendas des transports et les informations sur la
réutilisation des matières dans les réacteurs français" déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France.
"Devant les montagnes de déchets
d'uranium s'accumulant, eDF, mais aussi les clients européens de Cogema
ont trouvé une solution : l'exportation vers la Russie" a déclaré Vladimir Tchouprov, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace Russie. "Ces exportations scandaleuses doivent cesser. Elles sont par ailleurs en violation de la loi Russe".
En juillet 2005, Greenpeace Russie a déposé une plainte pour infraction
à l'article 48 de la Loi Fédérale de 2002 sur la "protection de
l'Environnement". Une audience a lieu demain à la Cour de Moscou.
La stratégie de communication d'Areva consiste exclusivement à parler
de matières valorisables et surtout pas de déchets nucléaires, bête
noire de cette industrie. Mais aujourd'hui, dans une affaire concernant
des déchets nucléaires australiens, la cour de cassation est allée à
l'encontre de ce discours et a estimé que les matières concernées
étaient bel et bien des déchets nucléaires et rien d'autres (2).
Jusqu'à aujourd'hui, l'industrie nucléaire considérait avec la même
logique que les combustibles irradiés, l'uranium appauvri ou l'uranium
de retraitement n'étaient pas des déchets mais des matières
valorisables assimilables à des matières premières. Le jugement
d'aujourd'hui remet totalement en cause cette vision.
Notes:
(1) Charles Hufnagel porte parole d'Areva a reconnu dans “Nuclear Fuel”
du 5 décembre que l'uranium retourné à Eurodif en France représente
seulement 10% de la quantité envoyée en Russie. Un autre porte-parole
d'Areva a aussi confirmé à Nuclear Fuel que l'uranium laissé sur place
restera la propriété de Tenex, l'enrichisseur russe.
(2) La Cour de Cassation a rejeté aujourd'hui le pourvoi en Cassation
de Cogema dans un dossier juridique d'importation de déchets nucléaires
australiens qui l'opposait à Greenpeace depuis mars 2001. La décision
historique de la Cour d'Appel de Caen du 12 avril 2005 de condamner
Cogema pour stockage illégal de déchets nucléaires en France et verser
à Greenpeace 10 000 euros de dommages et intérêts pour nuisance à
l'environnement est donc confirmée.