Paris, France —
Alors que Tribunal de Grande Instance de Versailles avait décidé, le 11 janvier dernier, la désignation de deux experts indépendants pour procéder à une expertise des quantités d'amiante à bord du Clemenceau, l'Etat vient d'assigner les associations Andeva, Ban Asbestos, Comité anti-amiante Jussieu et Greenpeace en référé d'heure en heure pour suspendre la procédure d'expertise et museler ainsi la justice et empêcher qu'émerge toute vérité. L'audience se tiendra le 31 janvier à 10 heures au TGI de Versailles.
Après avoir engagé le 24 janvier une procédure de tierce opposition
pour annuler la décision du TGI, l'Etat français, avec cette nouvelle
assignation, attaque de nouveau pour suspendre la procédure en cours et
le travail des deux experts.
"Que l'Etat cherche à cacher la
vérité dans ce dossier de la honte n'est pas surprenant tant il a
failli en tout, mais, ne reculant devant aucun ridicule ni aucune
bassesse, il engage désormais un travail de désinformation" déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France.
Qu'on en juge : alors que les associations avaient eu recours à la
justice pour demander la communication des pièces sur la base
desquelles la société Technopure déclare qu'il y a plus de 500 tonnes
d'amiante à bord du Clemenceau, l'Etat les accuse de recourir à la
justice "en catimini" et de "chercher à faire une présentation
partielle et pour le moins controversée de la réalité". Heureusement
pour l'Etat français que le ridicule est moins toxique que l'amiante.
"L'Etat dit 45 tonnes d'amiante,
Technopure au moins 500 tonnes et la recherche de la vérité devient un
délit ! C'est tout simplement le monde à l'envers. Que l'Etat
rende publiques l'ensemble des pièces de ce dossier nauséabond et que
la vérité sorte. Elle révélera l'impréparation, le cynisme et
l'amateurisme du ministère de la défense. Que celui-ci abhorre la
transparence, les contrepouvoirs et la vérité n'est pas
particulièrement surprenant. Que le premier ministre et le président de
la république valident une telle remise en cause de nos principes
démocratiques est scandaleux," ajoute Yannick Jadot.
"Il ne suffit pas au gouvernement
français de violer le droit international et d'exposer criminellement
les travailleurs indiens à nos déchets toxiques Il lui faut aussi
museler la justice. Le scandale est tel que la vérité finira par
éclater. Les protagonistes devront alors rendre des comptes" conclut-il.