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Des militants de Greenpeace bloquent le chargement du Kaptain 
Kuroptev.

Des militants de Greenpeace bloquent le chargement du Kaptain Kuroptev.

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Le Havre, France — 20 activistes de Greenpeace bloquent (l'action a débuté à 1h15 du matin) le chargement du porte-container le "Kapitan Kuroptev". A destination de Saint-Petersbourg, ce bateau devait acheminer ce jour plus de 450 tonnes de déchets d'uranium provenant de l'usine de Pierrelatte dans la Drôme. A l'heure de l'introduction en bourse d'eDF et alors que le débat public sur la gestion des déchets bloque sur le secret défense, Greenpeace dénonce aujourd'hui un nouveau scandale nucléaire : l'exportation de déchets nucléaires en Russie. eDF et les plus grandes compagnies électriques européennes ont exporté et abandonné depuis 30 ans des dizaines de milliers de tonnes de déchets d'uranium. Greenpeace démontre aujourd'hui que cette pratique inacceptable continue. Vidéo

Ces exportations de déchets nucléaires concernent des produits issus du retraitement (l'uranium de retraitement) à l'usine Cogema/Areva de La Hague, et de l'enrichissement (l'uranium appauvri ) à l'usine Eurodif/Areva de Pierrelatte. Ces deux opérations se font pour le compte d'eDF et de nombreux électriciens nucléaires en Europe. En France, chaque année 805 tonnes d'uranium contaminé de retraitement sont produits à La Hague du fait des contrats eDF. Devant les montagnes de déchets d'uranium s'accumulant, eDF, mais aussi les clients européens de Cogema ont trouvé une solution : l'exportation vers la Russie.

"Trois ans après l'opération de Chalon-sur-Saône où nous avions bloqué un transport de plutonium, nous exposons à nouveau un trafic de déchets nucléaires gardé secret par l'industrie et les autorités et qui démontre que contrairement au discours officiel le nucléaire crée à chaque étape de sa filière des déchets dont on ne sait que faire" déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France. "L'exportation de déchets d'uranium est un immense scandale. Des milliers de tonnes partent chaque année par la mer et à travers la Russie, afin d'être abandonné en Russie dans des sites parmi les plus pollués la planète !".

Depuis les premières exportations dans les années 70, Greenpeace a la preuve qu'au moins 100°000 tonnes de déchets d'uranium ont été exportés en Russie par des pays européens. eDF et les autorités françaises ont récemment refusé de répondre aux questions posées sur ce sujet lors des débats publics, s'abritant derrière le secret défense et/ou le secret commercial. A travers ces exportations de déchets d'uranium, eDF et les électriciens nucléaires européens se rendent complices de grave impacts sur l'environnement dans diverses régions de Russie.

"eDF se cache derrière le secret pour taire  ce trafic honteux. Prétendre comme eDF le fait que ce trafic a pour but le recyclage est un mensonge. Plus de 90% des déchets envoyés en Russie sont abandonnés sur place Pourquoi ce genre d'informations ne figurait pas dans les documents émis par l'opérateur à l'occasion de son introduction en bourse ?" explique Shaun Burnie, chargé de campagne Nucléaire pour Greenpeace International. "eDF et les industriels européens on choisi la solution la plus simple et la moins  onéreuse  pour gérer leur montagne de déchets : l'exportations en Russie."

"La crise des déchets nucléaires est déjà une immense catastrophe en Russie, et eDF et les opérateurs européens rendent cette situation encore pire. L'importation de matières nucléaires étrangères pour stockage en Russie est interdit par Loi russe. Ce trafic doit stopper immédiatement." a déclaré VladimirTchouprov de Greenpeace RussieEn juillet 2005, Greenpeace Russie a déposé une plainte contre les contrats commerciaux impliquant des industriels européens. La procédure juridique est en cours.


Pour en savoir plus : Exportation en Russie - STOP-PLUTONIUM.ORG