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Lapeyre détruit la forêt !

Lapeyre détruit la forêt !

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Paris, France — Au terme de plus d'une année de campagne menée par Greenpeace pour la préservation des forets anciennes, Lapeyre, leader européen dans la menuiserie industrielle, premier importateur en France et en Europe de bois tropicaux et amazonien, déclare publiquement en 2000 son intention d'arrêter la destruction des forêts primaires et de n'importer que du bois amazonien certifiés FSC d'ici fin 2005. Une victoire importante pour les forets anciennes. Néanmoins Greenpeace reste vigilante quant à l'application concrète de cette promesse et poursuit ses efforts en direction d'une plus grande protection des forêts anciennes.

80% des forêts anciennes ont déjà été détruites.
Les 20% restant, qui abritent entre 50% et 90% de la biodiversité de la Terre, sont gravement menacés par l'exploitation forestière.

1999 : Après un minutieux travail d'enquête à travers le monde, Greenpeace alerte les consommateurs et pointe du doigt les industriels coupables

Greenpeace publie en octobre 1999 deux rapports destinés à alerter les industriels et les consommateurs sur l'hémorragie dont sont victimes les dernières forêts anciennes de la planète.

- Le rapport "Acheter la destruction" est adressé fin 1999 aux plus grands consommateurs industriels de bois pour leur demander d'arrêter de s'approvisionner auprès d'entreprises responsables de la disparition des forêts anciennes. Ces multinationales, au nombre de 150, se trouvent essentiellement aux Etats-Unis, en France, au Canada et en Malaisie. A elles seules, elles exploitent 77% des forêts anciennes restantes. Un constat alarmant dix ans après le sommet de Rio où l'on avait entrevu l'espoir d'une diminution de l'exploitation industrielle des forêts anciennes. Pour en savoir plus.

- l'étude "Alternatives commerciales à la destruction des forêts anciennes" : Ce document, dans la veine du premier, plaide pour un plan de gestion durable des forêts grâce à la généralisation du label FSC (1), seul système de certification crédible et indépendant existant à l'heure actuelle sur le marché. Par ailleurs, en parallèle du FSC, Greenpeace a dressé une liste établissant pour chaque type de bois tropical des forêts anciennes (2) son alter ego en bois issu des forêts secondaires européennes principalement : Choisir des bois qui ne contribuent pas à la destruction des forêts anciennes.

Les Séringueros recueillent le caoutchouc, les noix, l'acai, la 
pupunha (une sorte de palmier), le babaçu, ils concassent des noix de 
coco, participent à des projets d'agroforesterie ou collectent les 
huiles et les plantes médicinales.

Les Séringueros recueillent le caoutchouc, les noix, l'acai, la pupunha (une sorte de palmier), le babaçu, ils concassent des noix de coco, participent à des projets d'agroforesterie ou collectent les huiles et les plantes médicinales.

Dans le même ordre d'idée, Greenpeace propose aussi d'autres approches sur la préservation des forêts anciennes avec par exemple la règle des 5R : Remplacer les produits issus des forêts anciennes ; Recycler et utiliser des produits recyclés ; Réutiliser le bois ; Réduire la consommation de bois ; Repenser l'utilisation du bois.

Lapeyre : leader européen de la destruction

Afin de faire évoluer le marché, Greenpeace passe à l'offensive en ciblant les importateurs / revendeurs de bois issus des forêts anciennes. L'analyse menée par Greenpeace fait apparaître Lapeyre comme le leader européen de l'importation de bois tropicaux et amazoniens. Ce triste constat fait de ce groupe l'une des entreprises les plus impliquées dans la déforestation industrielle, souvent illégale, avec un volume de bois importé en constante augmentation chaque année.

En ciblant un groupe de notoriété publique comme Lapeyre, Greenpeace espère alors amener l'ensemble des acteurs du marché bois vers l'éco - certification FSC.

Ludovic Frère, responsable de la campagne forêt pour Greenpeace 
France, devant les faits : Lapeyre brade la forêt tropicale !

Ludovic Frère, responsable de la campagne forêt pour Greenpeace France, devant les faits : Lapeyre brade la forêt tropicale !

- quelques chiffres : à l'époque, Lapeyre possède 114 magasins en France, en Belgique, en Suisse, en Espagne, et son groupe est propriétaire du quatrième exportateur de bois amazonien du Brésil : l'entreprise Eldorado. En Amazonie, Greenpeace Brésil a montré en 1998 et 1999 que plus de 50% des entreprises qui approvisionnent Lapeyre ont été inculpées de trafic de bois illégal par le gouvernement brésilien, et 14 d'entre elles ne sont même pas enregistrées au ministère chargé du commerce du bois.

- les forêts exploitées par Lapeyre : non contente d'exploiter différentes essences provenant principalement d'Amazonie, Lapeyre contribuait à la déforestation des forêts d'Afrique (essentiellement Congo, Cameroun et Gabon), d'Amérique du Nord et d'Asie du Sud-Est.

L'exploitation des forêts anciennes menace différentes espèces animales endémiques de ces régions. Les Orangs-Outangs, par exemple, auront totalement disparus de la surface du globe d'ici 5 à 10 ans si leur habitat continue à se détériorer aussi rapidement.

La confrontation

Malgré d'âpres discussions avec les responsables de Lapeyre, Greenpeace n'obtient aucun engagement satisfaisant de la part du groupe. Elle décide alors d'intervenir sur le terrain par différentes actions symboliques et médiatiques.

Greenpeace organise sa première action contre Lapeyre en France, 
Espagne, Suisse et Belgique. Ici le magasin Lapeyre Porte 
d'Orléans-Arcueil

Greenpeace organise sa première action contre Lapeyre en France, Espagne, Suisse et Belgique. Ici le magasin Lapeyre Porte d'Orléans-Arcueil

- Le 28 avril 2000, Greenpeace organise sa première action contre Lapeyre. L'opération se déroule simultanément dans plusieurs magasins du groupe, en France, en Belgique, en Espagne et en Suisse. Greenpeace étiquette des produits en provenance d'Amazonie et déploie sur les grilles des magasins des banderoles : "Lapeyre détruit l'Amazonie". L'objectif de cette intervention est d'informer le public sur l'implication de Lapeyre dans la destruction de la foret amazonienne et de faire pression sur l'enseigne pour l'obliger à changer sa politique d'approvisionnement. Pour en savoir plus.

Le résultat de l'opération est probant puisque Lapeyre s'acquitte enfin de l'un de ses engagements, pris en avril 1999, consistant à étiqueter les bois importés (nom et provenance).

Distribution du supplément alternatif de Greenpeace, au catalogue de 
Lapeyre, lors de l'Assemblèe Générale annuelle du groupe à Paris.

Distribution du supplément alternatif de Greenpeace, au catalogue de Lapeyre, lors de l'Assemblèe Générale annuelle du groupe à Paris.

- Greenpeace profite ensuite de l'Assemblée Générale annuelle des actionnaires de Lapeyre du 17 mai 2000 pour distribuer "un supplément alternatif au catalogue du groupe". Ce document établit la liste des différents produits que Lapeyre commercialise et qui entraînent la destruction des forêts anciennes. Le directeur général de Greenpeace France, Bruno Rebelle, intervient lors de l'assemblée pour interpeller le groupe et lui demander d'arrêter tout commerce avec des entreprises coupables de trafic de bois illégal. Pour en savoir plus.

Greenpeace entreprend une grande tournée dans 8 villes de France : 
Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Toulouse et Nantes.

Greenpeace entreprend une grande tournée dans 8 villes de France : Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Toulouse et Nantes.

- Greenpeace entreprend en juillet 2000 une grande tournée dans 8 villes de France (Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, Toulouse et Nantes). A bord d'un camion en forme de tronçonneuse géante longue de 15 mètres, Greenpeace parcourt l'hexagone avec pour message : "Gardons l'Amazonie VIVANTE !". L'objectif de ce tour de France était de mettre en garde les consommateurs sur le rôle joué par Lapeyre dans la destruction des forêts anciennes, de présenter au plus grand nombre la certification FSC et de sensibiliser le public à la préservation de l'Amazonie. Cette tournée organisée grâce au réseau des groupes locaux, aura permis de récolter de nombreuses signatures dans le cadre de deux pétitions dénonçant les exactions de Lapeyre et par la même l'exploitation industrielle des forêts anciennes en général.

Un membre du GIPN (Groupe d'Intervention de la Police Nationale) 
déloge un des militants de Greenpeace lors du blocage de l'Aquitania à 
Honfleur.

Un membre du GIPN (Groupe d'Intervention de la Police Nationale) déloge un des militants de Greenpeace lors du blocage de l'Aquitania à Honfleur.

- Enfin, pour clore un semestre riche en émotions et en actions, c'est le 29 juillet 2000 que Greenpeace entreprend l'une de ses plus importantes actions contre Lapeyre en bloquant à Honfleur, en France, le navire Aquitania. Grâce à l'interposition des militants, l'Aquitania n'a pas pu décharger sa cargaison originaire d'Amazonie et pour l'essentiel destinée à Lapeyre. Ce succès permit à Greenpeace de mettre une pression supplémentaire sur l'industriel et sur tous ceux qui achètent et importent du bois en provenance d'entreprises inculpées de commerce illégal : "Lapeyre doit rapidement changer sa politique d'approvisionnement en bois amazonien sinon l'entreprise devra affronter les sanctions du marché", déclarait alors Ludovic Frère , chargé de la campagne à Greenpeace France. Pour en savoir plus.

Les efforts déployés par Greenpeace durant cette campagne commencent à porter leurs fruits. La Direction Générale de Lapeyre s'engage oralement à certifier ses produits FSC. Cette nouvelle n'est malheureusement suivie d'aucune annonce publique de la part du groupe. Ce bémol décide Greenpeace à poursuivre son travail de pression par une intensification de la campagne sur le front international.

Greenpeace sur tous les fronts : les actions internationales

Un militant de Greenpeace bloque une des grues du port de Honfleur, il 
empêche ainsi le déchargement d'un navire chargé de bois issus de la 
forêt amazonienne.

Un militant de Greenpeace bloque une des grues du port de Honfleur, il empêche ainsi le déchargement d'un navire chargé de bois issus de la forêt amazonienne.

A l'approche du sommet du G8 à Okinawa au Japon :
- 11 juillet 2000: Occupation au Portugal avec l'association écologiste Quercus de l'Aegis, d'un navire transportant du bois des forêts du Congo.
- 13 juillet 2000 : interception en Espagne d'un cargo transportant du bois du Cameroun.
Résultats : Réunion durant l'année 2000 pour discuter de la responsabilité de l'Espagne dans la disparition des forêts Africaines. Deux des trois clients espagnols ont arrêtés de traiter avec la société libanaise responsable du plus gros de l'abattage des forêts africaines.
- juillet 2000: déploiement de banderoles au Japon devant le siège du géant japonais de l'exploitation forestière, la société Eidai. Résultat : après trois jours d'intenses négociations, Eidai s'engage à ne plus acheter de produits ligneux (3) provenant de l'exploitation illégale.
- 21 juillet 2000: blocage en Allemagne d'un navire transportant plus de 3000m3 de grumes et de bois scié d'Afrique, dont la plupart est du bois exploité illégalement.

Déploiement de banderoles devant le siège du géant japonais de 
l'exploitation forestière, la société EIDAI, au Japon ; lors du G8 
d'Okinawa.

Déploiement de banderoles devant le siège du géant japonais de l'exploitation forestière, la société EIDAI, au Japon ; lors du G8 d'Okinawa.

Les décisions du G8 : parole, parole, parole...
- les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 se sont engagés le 22 juillet 2000 à analyser la meilleure façon de combattre l'exploitation illégale des forêts. Ils ont reconnus, sur les conseils de Greenpeace, l'urgence de la situation en ce qui concerne l'exportation et l'achat de bois prélevé illégalement, et la nécessité de trouver des solutions à ce problème. Mais ce ne sont là toujours que des promesses qui poussent Greenpeace à poursuivre son action pour la protection des forêts anciennes.

Les actions continuent :
- Juillet 2000 : blocage d'un cargo en Allemagne avec à son bord du bois des forêts tempérées humides de Colombie britannique, au Canada.
- Juillet 2000 : blocage aux Etats-Unis d'un Cargo danois transportant du bois prélevé illégalement dans les forêts amazoniennes.

Résultats de plus d'un an de campagne : Lapeyre reconnaît ses torts

Bois amazoniens portant le label FSC

Bois amazoniens portant le label FSC

- En septembre 2000 Lapeyre s'est engagé cette fois publiquement à suivre les demandes de Greenpeace en mettant en place un système de traçabilité du bois d'ici fin 2005 : "Nous avons fait notre enquête et effectivement nous avons constaté que notre position légaliste n'était pas suffisante. Nous avons donc pris la décision de nous certifier pour le Brésil avec le FSC qui est parrainé par les grandes ONG de type Greenpeace, WWF ou les Amis de la Terre", déclarait récemment Jean Louis Servent, président du directoire de Lapeyre. Désormais le groupe sera tenu d'annuler toutes ses commandes passées auprès des entreprises les plus néfastes pour l'environnement. L'entreprise devra donc à terme s'assurer que son bois provient d'une forêt gérée de manière durable suivant les critères de certification du FSC. Et afin de vérifier la bonne mise en place de la filière FSC d'ici fin 2005, Greenpeace garde un oeil attentif sur Lapeyre. Bilan en 2005...

- Après deux ans de négociation avec Greenpeace, IKEA exige depuis septembre 2000 que le bois entrant dans la fabrication de ses produits provienne exclusivement des forêts contrôlées et bien gérées. Pour en savoir plus.

- Suivant l'exemple d'IKEA et de Lapeyre d'autres entreprises ont fait elles aussi un pas vers la protection de l'environnement et le respect des forêts anciennes : Leroy Merlin, Castorama, Carrefour France (meubles de jardin en teck), Berrywood, EPI, Colin SARL, Kinnarps, Procter & Gamble et Kellogs ont troqué leur palettes en bois pour des palettes en carton recyclables, Osaka Gas, AT&T... Liste des entreprises où l'on peut se procurer du bois ou des articles certifiés FSC
Pour autant Greenpeace sait qu'en matière de protection de l'environnement rien n'est jamais acquis. Elle reste donc vigilante pour s'assurer que les entreprises respectent véritablement et pleinement leurs engagements envers les forêts anciennes.

Quelques définitions :

(1) - FSC : Forest Stewardship Forest ou Conseil de Gestion durable des Forets - est le seul système de certification et de label basé sur des standards de performance écologique. Il permet d'assurer la traçabilité du produit, de son exploitation forestière jusqu'à sa consommation finale. Ce label garantit que le bois a été exploité de façon à préserver au maximum la diversité biologique de la forêt et à respecter les intérêts des populations locales. Plus d'infos sur le FSC

(2) - Forêts anciennes : Forêts qui se sont établies grâce aux évènements naturels et qui ont été très peu touchées par les activités humaines.

(3) - Produits ligneux : produits à base de bois, pâte à papier et papier carton.