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Le porte-amiante Clémenceau

Le porte-amiante Clémenceau

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Paris, France — Alors que l'Egypte vient d'autoriser le Clemenceau à emprunter le Canal de Suez, Greenpeace et Ban Asbestos condamnent le passage en force de la France dans ce dossier qui constitue une violation flagrante du droit international. La décision reste entre les mains de la Cour Suprême indienne. Participez à notre cyberaction

Alors que l'Egypte tentait d'appliquer un droit international construit pour protéger les populations du Sud des exportations toxiques des pays riches, la France a utilisé toutes les pressions possibles pour retourner la position officielle égyptienne et ainsi contourner la Convention de Bâle et les conditions de transit qu'elle exige pour un déchet toxique. Cette Convention est pourtant sans équivoque : quel que soit son statut légal, un navire en fin de vie est un déchet.  

"Le Clemenceau ne serait pas un déchet toxique mais un navire de guerre ? Avec cette stratégie, le gouvernement français croit pouvoir ne pas avoir à justifier les centaines de tonnes d'amiante à bord du Clemenceau. Mais espère-t-il convaincre les ouvriers indiens que les maladies dramatiques qu'ils développeront en démolissant le Clemenceau ne seront que les dommages collatéraux de la gloire de l'armée française ?, s'insurge Yannick Jadot, directeur des Campagnes de Greenpeace France. Il est honteux que la France fasse ainsi prévaloir ses intérêts économiques sur le droit international, l'environnement et la santé publique."

C'est maintenant à la Cour Suprême indienne de statuer sur le sort du Clemenceau. Un premier avis émis le 6 janvier par son comité spécial confirme que le Clemenceau est un déchet toxique et qu'il est illégal dans les eaux indiennes. La décision finale devrait intervenir le 20 janvier. On peut s'attendre à des pressions d'envergure, en tentant de continuer à exclure les institutions en charge de l'environnement en France et dans les pays concernés.

"La France continuera-t-elle ses pressions tous azimuts pour contourner le droit international ? Le Président Chirac prononcera-t-il un nouveau grand discours sur l'environnement ? Où ira-t-il visiter les chantiers de démolition d'Alang pour expliquer que l'amiante n'est pas dangereuse pour les Indiens ?", conclut Yannick Jadot.

Greenpeace restera mobilisée internationalement pour défendre le droit international, la santé et l'environnement contre le cynisme de l'Etat français.