Vendredi 26 octobre au soir s'est achevée la première phase du Grenelle de l'environnement. Après quatre mois de travail intense pour nos équipes d'experts et de négociateurs, des actions fortes pour faire monter la pression et trois jours de négociations, nous avons créé un rapport de force pour faire bouger les lignes. L'urgence écologique et la pertinence de nos analyses et des campagnes que nous menons depuis des années sont enfin reconnues.
Lors de ces négociations, Greenpeace a défendu des positions claires et fermes. Notre expertise et notre indépendance ont positionnés Greenpeace comme un acteur incontournable de ces négociations. Quelques exemples des avancées les plus significatives que nous avons obtenu :
- OGM : la France s'engage vers le moratoire que Greenpeace réclamait. Le risque des OGM et l'impossibilité de contrôler leur dissémination ont été reconnus, et l'impact sanitaire et environnemental des OGM va désormais être mieux évalué ;
- Efficacité énergétique : le programme « rénovation thermique des bâtiment » proposé par l'Alliance a été entièrement accepté, et un plan national de rénovation de 400 000 logements par an va être mis en œuvre ;
- Énergie : les ampoules à incandescence seront interdites à partir de 2010, et d'ici à 2020, les renouvelables représenteront au moins 20 % du mix énergétique.
Si ce qui a été acquis est significatif au regard des attentes formulées par l'Alliance et par Greenpeace, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.
Certaines mesures de rupture indispensables pour faire face à la crise écologique, et qui concernent des sujets qui pèsent très lourdement sur notre environnement, n'ont pas été retenues :
- Nucléaire : aucune remise en cause du programme EPR alors que les économies d'énergie envisagées le rendent d'autant plus inutile ;
- Océans : pas de moratoire sur le thon rouge alors que les stocks en Méditerranée s'effondrent ;
- Forêts : l'enjeu global que représente la déforestation en zone tropicale (Amazonie et bassin du Congo) a été à peine débattu ;
- Santé et environnement/Toxique : pas de moratoire sur l'incinération pour développer la valorisation des déchets. Sur ce point, les négociations vont d'ailleurs se poursuivre pour aboutir d'ici la fin de l'année.
Or dans ces domaines, il y a urgence ! Voilà pourquoi nous nous sommes déjà remis au travail. Nous allons d'abord suivre avec une grande vigilance la mise en œuvre des mesures annoncées, pour que les paroles se transforment réellement en actes. Et nous allons également continuer à faire bouger la société, à maintenir la pression pour convaincre que la France doit dépasser certaines contradictions. Pour être vraiment à la hauteur du défi climatique, on ne peut développer les renouvelables et continuer à faire l'EPR. De même, on ne parviendra jamais à réduire et recycler correctement nos déchets tant qu'on construira des usines d'incinération. Rien ne sert enfin de prétendre protéger les forêts ou les ressources halieutiques sans prendre des mesures drastiques.
Si le rapport de force en faveur de l'environnement existe désormais dans la société, c'est grâce à vous qui nous soutenez. Nous avons aujourd'hui besoin de votre soutien pour obtenir des actes, continuer à avancer et à gagner les transformations radicales que nous portons et pour lesquelles le Grenelle n'est qu'une première étape. Nous ne lâcherons pas !