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Le convoi de Mox américain arrive au port de Cherbourg

Le convoi de Mox américain arrive au port de Cherbourg

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Paris, France — Les activistes de Greenpeace ont replié banderoles et bidons devant le port civil de Cherbourg alors que le Pacific Teal et le Pacific Pintail ont pris la mer à 4 heures du matin, dans la nuit de mardi à mercredi. Ces deux bateaux rejoindront la Caroline du Nord sous une très forte escorte militaire. Après une mobilisation de plus de six mois à Cherbourg, La Hague, Marcoule et sur les routes de France grâce aux CCCI*, Greenpeace tire la sonnette d'alarme.

"Cette expérience a surtout contribué à montrer les limites de la Cogéma et d'Aréva. Techniquement, deux assemblages sur six sont inutilisables et des retards de production inquiétants et non justifiés ont pu être constatés. Socialement, les transports et la gestion de ces produits représentent une épée de Damoclès insupportable pour le citoyen alors que les coûts liés à la protection militaire des convois sont immenses", analyse Yannick Rousselet, responsable de la campagne nucléaire chez Greenpeace France.

Malgré la pression de l'industrie nucléaire : attaques juridiques (référés, astreintes, etc.), pressions financières de la Cogéma,, étranges actions de hacking sur notre site Web et, plus particulièrement, sur www.stop-plutonium.org, Greenpeace a toujours maintenu sa pression sur AREVA et continue de demander encore et toujours des réponses claires et précises à ses questions. Il serait ainsi intéressant d'avoir la position officielle de la Cogéma sur la question ultra-sensible des déchets car deux des six assemblages renvoyés vers les Etats-Unis ne sont que des déchets qui ne pourront être réutilisés dans la centrale américaine. Quand, où, comment, par qui et à quels coûts seront-ils traités, pas de réponse.

Problématique tout aussi primordiale : la prolifération. Alors que la Cogéma met en avant l'élimination de 140 kilos de plutonium militaire, elle produit 10 à 11 tonnes supplémentaires de plutonium par an et fait circuler chaque jour ses camions à travers la France. Les risques inhérents à ces transports, énormes, pèsent directement sur les populations et contribuent à accroître l'activité nucléaire au niveau mondial. Selon l'agence RIA Novosti, Mohammed El-Baradei, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, déclarait le 16 mars dernier que "l'arme nucléaire entre les mains des terroristes est un fait peu probable. Mais si c'est le cas, la communauté mondiale en souffrira beaucoup".

"Et jusqu'où la communauté devra-t'elle souffrir avant de stopper enfin définitivement les programmes nucléaires ? Faudra-t-il attendre un nouveau Tchernobyl pour les abandonner ? Le séjour du Mox en France aura eu un seul avantage : mettre en lumière les aberrations du discours du lobby nucléaire. Greenpeace continue son combat dès aujourd'hui pour informer les publics et diffuser le plus d'éléments possibles sur cette industrie dangereuse. Malgré ses moyens énormes, le lobby ne pourra pas faire taire les demandes citoyennes légitimes", martèle Yannick Rousselet.

Développées à l'occasion de l'arrivée du plutonium en France, les CCCI continueront ainsi leur activité de veille et de surveillance du territoire pour dénoncer les transports de matières fissiles. Plus que jamais, www.stop-plutonium.org contribuera à l'abandon de la solution nucléaire.

* Cellule Citoyenne de Contrôle et d'Inspections des matières fissiles