Paris, France —
C'est avec beaucoup de réserve que Greenpeace accueille le compromis sur l'identification des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les cargaisons internationales de denrées alimentaires, obtenu à l'issue de la rencontre du Protocole de biosécurité. "Depuis l'entrée en vigueur du Protocole en 2003, la grande majorité des 132 pays membres demandent des normes claires permettant d'identifier les cargaisons contenant des OGM, constate Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. Au final, on obtient certes un accord international, mais de portée réduite puisque les cargaisons ne seront identifiées que comme "pouvant contenir des OGM", sans plus de précision."
A Curitiba (Brésil), la réunion du Protocole de biosécurité s'est donc achevée en demi teinte. "La
faute au petit groupe d'intérêts mené par les multinationales de
l'agro-biotechnologie, et les États-Unis, le Canada et l'Argentine, analyse Benedikt Haerlin, chef de la délégation de Greenpeace International à la rencontre de Curitiba.
Ces trois États n'ont pas ratifié le Protocole et ont utilisé des pays
comme le Mexique et le Paraguay pour se faire entendre au sein du
Protocole."
La nouvelle obligation d'étiquetage des cargaisons alimentaires
constitue certes un progrès par rapport à l'absence de toute norme
internationale qui prévalait jusqu'à présent. Mais, elle demeure tout à
fait insuffisante pour permettre aux pays en voie de développement de
se protéger des importations d'OGM. Cet étiquetage très imprécis
implique que les pays importateurs puissent développer des procédures
de contrôle des cargaisons, pour acquérir une certitude sur la présence
d'OGM et, le cas échéant, pour déterminer de quel type d'OGM il s'agit.
Et jusqu'à présent, seuls les pays développés disposent de l'expertise
et des moyens pour effectuer de telles analyses. "Le Mexique et le Paraguay ont trahi les attentes des pays en voie de développement, reprend Arnaud Apoteker.
Malgré les améliorations mineures du texte, ces derniers seront forcés
d'adopter des mesures réglementaires nationales coûteuses pour se
pouvoir protéger des OGM, alors que ce sont les pays exportateurs
d'OGM qui devraient être responsables de leurs produits."