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Paris, France — Le supercalculateur TERA-10 vient d'arriver au laboratoire nucléaire militaire du CEA à Bruyères-le-Châtel (région parisienne). Capable de réaliser 50.000 milliards d'opérations à la seconde, cet ordinateur géant, l'un des plus performants au monde (avec celui des Etats-Unis) vient compléter le nouveau dispositif français de simulation des essais nucléaires en laboratoire.

Avec la machine radiographique Airix (à Moronvilliers, en Champagne) et le laser Mégajoule (au Barp, près de Bordeaux), il est l'un des trois équipements majeurs du programme Simulation dont l'objectif est de permettre de poursuivre le réarmement nucléaire actuel de la France.

Avec ce programme, la France va pouvoir continuer à enfreindre en toute impunité le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE). La simulation reposant sur des micro-explosions nucléaires en laboratoire, dont on calcule ensuite la portée réelle grâce aux supercalculateurs, elle contrevient au TICE, qui interdit TOUT essai nucléaire, et non pas seulement les essais atmosphériques ou souterrains type Mururoa.
Mais l'infraction au droit international ne s'arrête pas là. La France opère à l'heure actuelle un réarmement nucléaire complet qui viole ouvertement le Traité de Non-Prolifération (TNP). Celui-ci oblige en effet les puissances nucléaires à désarmer. Pourtant, loin de se contenter comme elle l'affirme de garantir « la sûreté et la fiabilité » de ses armes nucléaires, ce qui serait déjà une infraction grave au TNP, la France cherche aujourd'hui à réduire la puissance de ses bombes nucléaires, grâce au programme de simulation, et afin de rendre l'utilisation de la bombe nucléaire beaucoup plus acceptable par les opinions publiques. C'est la logique des mini-nukes, initiée par les Etats-Unis de G. Bush et reprise, en coopération avec les premiers, par la France et la Grande-Bretagne. Ce n'est donc pas un hasard si Tony Blair a également commandé un exemplaire de TERA-10...

Il est plus que temps de dénoncer cette logique criminelle, illustrée par la construction actuelle, à Bordeaux, des missiles M-51 chargés à partir de 2010 de porter toujours plus loin (10.000 km ?) les têtes nucléaires à puissance plus réduites qui sortiront des recherches entreprises au Barp avec le Laser Mégajoule. Greenpeace s'engage en 2006 à combattre le programme M-51, résultat direct de la simulation des essais nucléaires.

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