Ce projet de loi est censé transposer en droit français – avec trois
ans de retard – la directive européenne 2001/18 relative aux OGM et
devrait être voté par les députés durant le premier semestre 2006. "
On
craignait que le ministère de la Recherche ne suive les avis de la
mission d'information parlementaire, commente Arnaud Apoteker.
Mais
c'est bien c'est pire ! Non seulement son projet de loi ignore les
rares recommandations positives émises par cette mission, mais il se
montre encore plus laxiste !"
- Dans le projet de loi, le terme de
"précaution" n'apparaît nulle part alors même que l'article 8 du texte
introductif de la directive européenne stipule qu'il "a été tenu compte
du principe de précaution lors de la rédaction de la présente directive
et il devra en être tenu compte lors de sa mise en oeuvre" !
- Le projet de loi ne donne aucun chiffre de contamination, aucune
distance de sécurité à respecter entre les champs, etc… Selon
lui, les modalités de mise en cultures d'OGM relèveraient de décrets
qui seraient pris ultérieurement. En clair, le projet de loi renvoie
ces précisions essentielles aux calendes grecques et surtout, il
autoriserait le gouvernement d'en décider sans aucune concertation ni
aucun débat démocratique.
- Concernant la responsabilité en cas de contamination des cultures non
OGM, le projet de loi prévoit de faire porter le chapeau aux seuls
exploitants. Il organise ainsi l'impunité totale de l'industrie
agroalimentaire, des semenciers, des transporteurs...
- En ce qui concerne l'information du public, le projet de loi accentue
l'opacité déjà à l'œuvre. Il renforce ainsi le "caractère confidentiel"
de certaines données, notamment des analyses toxicologiques menées sur
les animaux. Or justement : certaines d'entre elles, rendues
publiques grâce à un arrêt de la justice allemande obtenu par
Greenpeace, semblent indiquer que des OGM soulèvent de graves problèmes
biologiques chez les rats.
"
Il
est inadmissible que le ministère de la Recherche, qui évidemment n’a
aucune compétence en matière de mise en cultures commerciales d’OGM,
s’apprête à légaliser la pollution de l’environnement, à mettre
en danger la santé des citoyens, et à condamner à la contamination
génétique des Français massivement opposés aux OGM", reprend Arnaud Apoteker.
Dans
leur grande majorité en effet, les Français refusent la stratégie du
fait accompli que semble vouloir suivre le gouvernement. D’après
un sondage BVA/Agir pour l’environnement
réalisé fin janvier, 78% d’entre eux souhaitent interdire
temporairement les OGM afin d’évaluer précisément leurs impacts
sanitaires et environnementaux. "
Greenpeace
a déjà commencé à mobiliser les citoyens en les incitant à interpeller
leurs députés pour qu’ils votent une loi qui les protège des OGM, conclut Arnaud Apoteker.
Une chose est sûre : nous ne nous arrêterons pas là."