Ne possédant pas de licence et présent au sein d'une flotte d'autres
navires chinois opérant dans la même zone, le Lian Run 14, escorté par
l'Esperanza, a été dérouté vers Conakry où son équipage sera entendu
dans la soirée par les autorités à terre.
"Nous sommes bien entendu extrêmement satisfaits de cette opération, analyse Aurèle Clémencin responsable de la campagne Océan.
Non
seulement elle montre la viabilité de notre coopération avec les
autorités guinéennes mais elle nous permet en plus d'avancer très
concrètement dans le démantèlement des filières de pêcheries pirates (1).
Aujourd'hui nous avons pu arrêter un navire mais nous savons très bien
que sur toutes les mers du globe des flottes de ce type continuent de
piller les océans. D'où l'importance de travailler sur toute la
filière."
Le capitaine du Lian Run No 14 a en effet indiqué que toutes les pièces
administratives concernant son bateau étaient disponibles à ... Las
Palmas aux Canaries, capitale mondiale du blanchiment de prises de
pêche illégales. Seconde information passablement importante :
toutes les caisses utilisées pour conditionner le poisson sont au nom
de sept vaisseaux possédant eux des licences de pêche. Cette nouvelle
preuve permet donc de montrer le lien direct qui existe entre bateaux
"officiels" et "pirates" pour exporter le poisson via des filières
illicites notamment vers les marchés européens.
"Les gouvernements font preuve d'une
grande hypocrisie: ils parlent d'encourager l'aide aux pays africains,
mais en même temps, ils autorisent des trafiquants à voler nourriture
et revenus à des populations qui en ont désespérément besoin, ainsi
qu'à écouler leur butin sur les marchés de l'UE, a déclaré Helene Bours, de l'Environmental Justice Foundation (EJF) (2).
C'est
un schéma qui se répète globalement ; il est temps que tous les
pays prennent leurs responsabilités et agissent afin d'éradiquer la
pêche illégale. La présence des caisses à bord du Lian Run 14 montre
bien que ce qui est volé au large de l'Afrique fini dans les assiettes
européennes."
Les observations menées jusque là par Greenpeace, l'EJF et les
autorités guinéennes ont permis d'identifier 67 navires battant
pavillons coréen, chinois, italien, libérien et bélizien en infraction
(absence d'autorisation adéquate, mauvais permi, etc.s) et/ou pêchant
dans la zone des 12 miles marins réservée aux pêcheurs locaux ou déjà
connus pour leurs liens avec le business de la pêche illégale.
Chaque année, la pêche illégale rapporte aux trafiquants entre 3 et 8
milliards d'Euros (soit 20% du total des prises de poisson). La zone de
pêche d'Afrique sub-saharienne rapportant à elle seule près d'1
milliard d'Euros par an aux trafiquants.
Notes:
(1) - La pêche illégale est communément appelée "pêche illicite non
déclarée et non réglementée" (illegal, unreported and unregulated
fishing, IUU).
(2) - Greenpeace et la Fondation pour la justice environnementale
(Environmental Justice Foundation, EJF) joignent leurs forces pour
faire la lumière sur les flottes de pêche illégales qui opèrent
impunément à travers le monde. Ensemble, l'organisation
environnementale et l'organisation de protection des droits humains
demandent que les gouvernements ferment leurs ports aux braconniers des
mers, leur interdisent l'accès aux marchés et poursuivent les sociétés
qui les soutiennent.
Cette campagne contre la pêche illégale constitue la deuxième partie de
l'expédition "Défendons nos océans", la plus ambitieuse expédition
navale que Greenpeace ait jamais entreprise. Le but de cette expédition
longue de 14 mois est d'exposer au monde les menaces qui pèsent sur les
océans et de demander la création d'un réseau global de réserves
marines couvrant 40% de la surface des océans. Greenpeace souhaite
réunir un million de ‘Défenseurs des océans' (voir
www.defendonslesoceans.org) d'ici à la fin de l'expédition, en février
2007.
www.oceans.greenpeace.org/fr
www.ejfoundation.org
http://oceans.greenpeace.org/en/ocean-defenders-tv pour découvrir en vidéo la campagne de Greenpeace