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Bateau de pêche pirate au large de la Guinée

Bateau de pêche pirate au large de la Guinée

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Guinée, International — 28/03/2006 - Aux premières heures ce matin, les deux officiels guinéens présents depuis plusieurs jours à bord de l'Espéranza (le navire de Greenpeace) ont procédé à l'arrestation du Lian Run numéro 14. Ce navire pirate battant pavillon chinois pêchait à 60 miles des côtes guinéennes sans autorisation. Le représentant de la marine guinéenne et son homologue dépendant de l'inspection des pêches se sont rendus à bord du bateau en zodiac pour procéder aux vérifications administratives et aux interpellations.

Ne possédant pas de licence et présent au sein d'une flotte d'autres navires chinois opérant dans la même zone, le Lian Run 14, escorté par l'Esperanza, a été dérouté vers Conakry où son équipage sera entendu dans la soirée par les autorités à terre.

"Nous sommes bien entendu extrêmement satisfaits de cette opération, analyse Aurèle Clémencin responsable de la campagne Océan. Non seulement elle montre la viabilité de notre coopération avec les autorités guinéennes mais elle nous permet en plus d'avancer très concrètement dans le démantèlement des filières de pêcheries pirates (1). Aujourd'hui nous avons pu arrêter un navire mais nous savons très bien que sur toutes les mers du globe des flottes de ce type continuent de piller les océans. D'où l'importance de travailler sur toute la filière."
 
Le capitaine du Lian Run No 14 a en effet indiqué que toutes les pièces administratives concernant son bateau étaient disponibles à ... Las Palmas aux Canaries, capitale mondiale du blanchiment de prises de pêche illégales. Seconde information passablement importante : toutes les caisses utilisées pour conditionner le poisson sont au nom de sept vaisseaux possédant eux des licences de pêche. Cette nouvelle preuve permet donc de montrer le lien direct qui existe entre bateaux "officiels" et "pirates" pour exporter le poisson via des filières illicites notamment vers les marchés européens.

"Les gouvernements font preuve d'une grande hypocrisie: ils parlent d'encourager l'aide aux pays africains, mais en même temps, ils autorisent des trafiquants à voler nourriture et revenus à des populations qui en ont désespérément besoin, ainsi qu'à écouler leur butin sur les marchés de l'UE, a déclaré Helene Bours, de l'Environmental Justice Foundation (EJF) (2). C'est un schéma qui se répète globalement ; il est temps que tous les pays prennent leurs responsabilités et agissent afin d'éradiquer la pêche illégale. La présence des caisses à bord du Lian Run 14 montre bien que ce qui est volé au large de l'Afrique fini dans les assiettes européennes."

Les observations menées jusque là par Greenpeace, l'EJF et les autorités guinéennes ont permis d'identifier 67 navires battant pavillons coréen, chinois, italien, libérien et bélizien en infraction (absence d'autorisation adéquate, mauvais permi, etc.s) et/ou pêchant dans la zone des 12 miles marins réservée aux pêcheurs locaux ou déjà connus pour leurs liens avec le business de la pêche illégale.

Chaque année, la pêche illégale rapporte aux trafiquants entre 3 et 8 milliards d'Euros (soit 20% du total des prises de poisson). La zone de pêche d'Afrique sub-saharienne rapportant à elle seule près d'1 milliard d'Euros par an aux trafiquants.

Notes:
(1) - La pêche illégale est communément appelée "pêche illicite non déclarée et non réglementée" (illegal, unreported and unregulated fishing, IUU).

(2) - Greenpeace et la Fondation pour la justice environnementale (Environmental Justice Foundation, EJF) joignent leurs forces pour faire la lumière sur les flottes de pêche illégales qui opèrent impunément à travers le monde. Ensemble, l'organisation environnementale et l'organisation de protection des droits humains demandent que les gouvernements ferment leurs ports aux braconniers des mers, leur interdisent l'accès aux marchés et poursuivent les sociétés qui les soutiennent.

Cette campagne contre la pêche illégale constitue la deuxième partie de l'expédition "Défendons nos océans", la plus ambitieuse expédition navale que Greenpeace ait jamais entreprise. Le but de cette expédition longue de 14 mois est d'exposer au monde les menaces qui pèsent sur les océans et de demander la création d'un réseau global de réserves marines couvrant 40% de la surface des océans. Greenpeace souhaite réunir un million de ‘Défenseurs des océans' (voir www.defendonslesoceans.org) d'ici à la fin de l'expédition, en février 2007.

www.oceans.greenpeace.org/fr
www.ejfoundation.org
http://oceans.greenpeace.org/en/ocean-defenders-tv pour découvrir en vidéo la campagne de Greenpeace