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www.STOP-PLUTONIUM.org

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Paris, France — En octobre dernier, 140 kilogrammes de plutonium, issus d'armes nucléaires américaine, transitaient à travers la France sous une énorme protection militaire et policière (1). A cette époque, les déclarations d'Areva/Cogema et des autorités tant françaises qu'américaines annonçaient une fin de fabrication et un retour de cette matière, sous forme de Mox, vers le port de Cherbourg : "fin janvier, début février". Nous sommes maintenant en mars et aucun nouveau transfert n'a eu lieu. Areva rencontrerait-elle des difficultés de fabrication dans son usine Melox de Marcoule (Gard) ? Sur le terrain, les faits et les témoignages vont dans ce sens.

Quid du planning initial ? Dans l'ensemble des document publics de la NRC (autorité de sûreté américaine) ou de Areva (voir annexe 1), il est stipulé que la production des "pastilles" et "crayons" de combustible à Cadarache, demanderait trois mois de travail. La fabrication des "assemblages" dans l'usine de Melox demandant un mois. On peut lire également que le départ vers les Etats Unis doit avoir lieu "début 2005". Lors de l'arrivée à Cherbourg les portes paroles d'Areva et des autorités ont annoncé (citations reprises par de nombreux organes de presse) un délai de quatre mois de fabrication et un retour de ce Mox prévu fin janvier/début février. De fait, la fabrication des pastilles et crayons à Cadarache a duré environ trois mois et la fabrication des assemblages à Melox, confirmée par Areva elle-même, a commencé le 18 janvier et aurait donc dû, au regard de la production moyenne habituelle de Melox, être terminée autour du 18 février. Au vu de la nécessité d'introduire ces assemblages lors de l'arrêt du réacteur de Catawaba (Caroline du Sud) initialement prévu en avril (apparemment décalé de trois semaine maximum), en calculant les délais de transports nécessaire, qu'ils soit routiers ou maritimes, une période d'environ trois à quatre semaine est nécessaire au transfert. Le départ de France doit donc avoir lieu en mars.

Où en-est-on aujourd'hui ? Lors de la conférence de presse organisée par Areva à l'occasion de l'escale d'un navire nucléaire à Cherbourg, le 17 février dernier, la presse a interrogé Areva sur ces questions. La responsable des relations publiques de l'industriel français a répondu alors que le transfert vers La Hague n'aurait pas lieu avant... "la deuxième moitié d'avril". Lors de la même journée un responsable de Cogema Logistics allait jusqu'à dire que ce transport n'aurait pas lieu "avant la fin du premier semestre" ajoutant, auprès d'une autre source, que "fin juin" serait probable. Deux analyses intéressantes peuvent donc être faites de ces déclarations : ces deux sources manquent de cohérence sur leur communication (alors que sur un sujet aussi sensible, les citoyens sont en droit d'attendre de la part des responsables un discours clair et cohérent) et les délais annoncés ne correspondent absolument plus au planning annoncé il y a quelques mois. Plus grave, cette annonce est incohérente avec le fait que ce Mox doit être chargé pendant l'arrêt programmé du réacteur de Catawaba. S'interrogeant sur ces problèmes de délais, Greenpeace a mené sa propre enquête en s'informant auprès de différentes sources proches du dossier : des éléments concordants montrent que, visiblement, Areva connaît des difficultés techniques pour assurer la fabrication du Mox.

Des difficultés chroniques dans la fabrication du Mox: depuis toujours et malgré les propos lénifiants de l'industrie, la fabrication du Mox a posé des problèmes avoués ou inavoués.
1 - Lors de la fabrication de nombreux ratés ont lieu, des "rebuts" et déchets sont créés (plus de 8% en 1999), une partie est réintroduite dans le processus de fabrication, mais des centaines de kilos de matière fissiles sont retournées vers l'usine de La Hague. Rappelons que pour le plutonium américain il est prévu de renvoyer deux assemblage "ratés" pour quatre "réussis", Areva oublie souvent de communiquer sur cet élément important (voir Mox quality Report).
2 - La presse spécialisée rapportait ainsi le 12 janvier 2005 des propos de Mr Juergen Krellman, directeur "Recycling usines unit" d'Areva où il avouait que lors de la fabrication des crayons à Cadarache "quelques problèmes" ont été rencontrés. Raison évoquée : l'aspect prototype de ce projet.
3 - Ces problèmes sont connus. Ils concernent l'homogénéité des pastilles de combustibles, sont récurrents et, plus grave, sont à la base... des falsifications des relevé de contrôles des combustibles Mox qui avaient été expédiés vers le Japon et qui de ce fait n'ont jamais été chargés dans les réacteurs nippons. Conséquences : le démarrage de l'utilisation du Mox au Japon a été totalement remis en cause.

Une situation ubuesque: Alors que depuis plusieurs années, les responsable de Melox ont annoncé que la quantité de "rebuts" diminuerait en permanence pour finalement être nulle avant la fin 2000, les équipes de Greenpeace en surveillance près de l'usine et sur le parcours des camions de plutonium (contenant à la fois du Mox et des rebuts) ont pu constater, au contraire, une hausse du trafic de camions remplis de rebuts retournant vers l'usine de La Hague. Greenpeace n'est pas la seule à s'inquiéter de cette situation puisque la DGSNR (Direction Générales de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection, organisme de l'état français) a mis Areva en demeure dans une lettre du 10 février 2005, de s'expliquer sur l'augmentation des déchets à destination de La Hague (voir annexe 3). Greenpeace demande donc à Areva de sortir de son insupportable silence pour répondre à des questions simples qui concernent la sécurité et la santé de l'ensemble des citoyens français :
Quelle est réellement la situation dans l'usine de Melox et quelles sont les difficultés rencontrées pour assurer la fabrication du Mox ?
Quand le transfert de Mox, annoncé pour fin janvier/début février, aura t-il enfin lieu ?
Pourquoi, dans son soucis de "transparence" légendaire, Areva ne publiera-t'elle pas très prochainement un calendrier prévisionnel de ce transfert afin d'informer élus et populations sur le trajet de ce convoi à haut risque ?

"Areva ne peut plus berner l'opinion avec son programme pour la paix. Elle doit d'abord répondre à des questions simples et légitimes sur ses propres capacités avant de vouloir donner des leçons. En outre, aux USA et en Russie les difficultés s'accumulent. D'un point de vue financier bien entendu mais également, d'un point de vue social : un récent sondage a montré que 83% de la population s'oppose à la création d'une usine de Mox à Tomsk en Sibérie", rappelle Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. "Il faut immobiliser ce plutonium et le noyer dans des déchets de très haute activité et prohiber son transport où sa réutilisation qui contribuent à la prolifération nucléaire mondiale. Chaque année, Areva produit l'équivalent de deux bombes de la puissance de Nagasaki par jour."

Note :
1 - LE MOX N'EST PAS UNE SOLUTION A L'ELIMINATION DU PLUTONIUM MILITAIRE RUSSE PU AMERICAIN.