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Les activistes de Greenpeace, au pied du bateau Probo Koala, 
dénoncent: "L'Europe intoxique l'Afrique".

Les activistes de Greenpeace, au pied du bateau Probo Koala, dénoncent: "L'Europe intoxique l'Afrique".

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Paris, France — Le 14/02/07 - D'après plusieurs articles parus dans la presse internationale*, la société Trafigura aurait conclu avec le président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo un accord mettant un terme à l'affaire du Probo Koala**.

Selon cet accord, la multinationale pétrolière « financerait » le nettoyage coûteux d'Abidjan à hauteur de 152 millions d'euros sans pour autant reconnaître sa responsabilité dans la pollution. En échange, l'Etat ivoirien cesserait toutes les poursuites - financières et juridiques - lancées à l'encontre de Trafigura et de ses dirigeants (qui seraient alors libérés de prison).

Cet accord intervient le jour-même où la Commission internationale d'enquête sur les déchets toxiques (CIEDT) devait publier un rapport établissant les responsabilités de tous les acteurs impliqués dans ce drame au niveau international. « Simple hasard du calendrier ou tentative de sauvetage in extremis ?, s'interroge Yannick Vicaire, de Greenpeace France. Il est tentant d'imaginer que ce rapport conclut à la responsabilité de Trafigura dans la catastrophe d'Abidjan et que la multinationale pétrolière tente d'acheter son immunité. »

Bien que cet accord ne porte pas sur les droits que les victimes du désastre pourraient faire valoir, il est à craindre que celles-ci ne seront guère soutenues dans d'éventuelles poursuites juridiques par leur gouvernement. « A l'heure où le procès de l'Erika pourrait permettre une avancée dans la prise en compte de la responsabilité environnementale des entreprises, il serait intolérable qu'on prive les victimes d'une autre pollution d'obtenir justice, estime Yannick Vicaire. Ce pacte avec le diable présente certes l'avantage de fournir à la Côte d'Ivoire les fonds pour payer de coûteuses opérations de nettoyage, mais il empêcherait que la pleine lumière soit faite sur ce qui s'est passé et donc que tout soit mis en œuvre pour qu'un tel drame ne se reproduise plus. »

* Voir notamment la dépêche de Reuters (Peter Murphy, 14 février, 8h31) ainsi que le site de Trafigura : www.trafigura.com/trafigura_news/news/13022007.aspx



** Pour mémoire : les 19 et 20 août derniers, 580 tonnes de déchets toxiques issus du Probo Koala, un tanker affrété par Trafigura, avaient été déversés dans diverses décharges d'Abidjan, causant ainsi la mort de plus d'une douzaine personnes et l'intoxication de milliers d'autres Ivoiriens. Le Probo Koala avait ensuite quitté la Côte d'Ivoire sans être inquiété. En septembre, Greenpeace lançait à sa poursuite l'un de ses navires, l'Artic Sunrise, qui a réussi à localiser et bloquer durant 48 heures le Probo Koala dans le port estonien de Paldiski. Saluée par le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas qui s'était rendu en personne sur les lieux, cette action a permis la saisie de tous les documents de bord et l'ouverture d'une enquête internationale. La CIEDT avait ensuite sollicité les conseils et l'expertise juridique de Greenpeace.