Sous les fenêtres du palais du Luxembourg s'était tenu quelques heures
plus tôt un pique-nique réunissant tous les opposants au projet de loi.
Des associations (Greenpeace, les Faucheurs volontaires, la
Confédération paysanne, Attac...) et aussi plusieurs dizaines
d'élus : Laurent Fabius (député socialiste de Seine maritime),
Dominique Voynet (sénatrice Verte de Seine-Saint-Denis), Noël Mamère
(député Vert de Gironde), et des maires ayant pris des arrêtés
municipaux anti-OGM comme Joël Labbé (Saint-Nolff, Morbihan) ou Jean
Sabench (Riols, Gers).
"Les élus locaux, qui élisent les sénateurs, se mobilisent toujours plus nombreux contre les mises en culture d'OGM, rappelle Arnaud Apoteker.
Attention aux sénateurs qui comptent donner le change en proposant des amendements bidons."
Durant toute la durée des discussions, Greenpeace va suivre avec
attention et rendre publiques les prises de position des élus. La
droite sénatoriale semble unanime à soutenir le texte. A gauche,
communistes, socialistes et Verts ont d'ores et déjà affirmé qu'ils
voteraient contre.
Florilège de ce qui s'est dit hier au Sénat (compte rendu des débats dans leur intégralité sur
www.senat.fr)
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Jean Bizet, sénateur UMP de la Manche et rapporteur du projet de loi : "Notre
avance s'est érodée et la recherche est actuellement dominée par
quelques grands groupes américains. Il est urgent de relancer la
recherche française." "Je suis très frappé, par exemple, de voir que
certains opposants aux O.G.M. affirment, sur la base d'un sondage
qu'ils ont récemment commandé, que 78 % des Français seraient hostiles
aux O.G.M. : 78% des Français sont-ils hostiles au vaccin luttant
contre le virus de la grippe aviaire H5N1 ? Je ne le crois pas et
pourtant il s'agit bien d'un O.G.M."
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Jean-Claude Gaudin, sénateur UMP des Bouches-du-Rhône : "L'amélioration
génétique des plantes est menée depuis des millénaires. Les bas-reliefs
perses représentent déjà le sélectionneur muni d'un pinceau déposant du
pollen sur une fleur de figuier. Les pratiques transgéniques sont
diabolisées au nom du principe de précaution."
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Bernard Barraux, sénateur UMP de l'Allier : "Les
gens de ma génération en ont vu et entendu d'autres. Les premiers
poulets élevés en batterie ont eu bien mauvaise réputation. Puis les
antibiotiques et les hormones ont fait redouter les métamorphoses les
plus suspectes du genre humain. Les sujets douteux n'ont pas manqué ces
vingt dernières années et il fallait avoir un solide appétit pour
continuer de manger en dépit de la listériose, du poulet à la dioxine,
de la vache folle et maintenant de la grippe aviaire. (...) On n'a pas
le droit de suspecter systématiquement toutes les formes de progrès."
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Pierre Laffitte, sénateur RDSE des Alpes-Maritimes : "Capter
le gaz carbonique à partir de centrales, faire usage de la biomasse,
économiser l'eau en utilisant les océans : toutes possibilités
qu'ouvrent les O.G.M., qui permettront à nos agriculteurs de participer
activement au combat environnemental."