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Gravelines, une des plus grandes centrales nucléaires françaises

Gravelines, une des plus grandes centrales nucléaires françaises

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Paris, France — Dans le cadre du débat national sur l'énergie, le gouvernement pose, pour de mauvaises raisons, la question de la relance du nucléaire pour renouveler le parc des centrales françaises. Pour être cohérente, cette démarche devrait aussi porter sur le problème du démantèlement des réacteurs qui va de pair avec un renouvellement.

Cette opération constitue en effet un véritable "défi" technologique mais aussi financier. Les dépenses pour le démantèlement sont en effet estimées par les instances officielles à 15 milliards d'Euros (MdE).

Afin de garantir ce financement, EDF constitue et gère un fonds de provision dédié au futur démantèlement, à travers la tarification de l'électricité.
Pourtant, aujourd'hui, dans un contexte de libéralisation totale du marché de l'électricité et à quelques mois de l'ouverture du capital d'EDF, la gestion financière, par l'entreprise publique, du fonds de provision semble très contestable.

Les provisions enregistrées par EDF fin 2001 s'élevaient à 10,5 MdE. Une faible part a été investie en actifs financiers, l'autre part, beaucoup plus conséquente, constitue le montant mobilisé pour des acquisitions industrielles, notamment dans le cadre de la politique d'expansion internationale très conversée d'EDF ces dernières années.

Un rapport commandité par notre association auprès de spécialistes en sciences économiques, met en évidence les conséquences de cette stratégie de "placement" sur la disponibilité des fonds qui devront financer l'immense chantier du démantèlement. A la lumière de l'évaluation des performances réalisées par ces "placements", il s'avère que le fonds de provisions a subi une perte de valeur de 1,6 MdE ! Cette somme correspond à 15% du montant total des provisions et à près de trois années de collecte.

Ce constat alarmant demande que les pouvoirs publics fassent la lumière sur cette question cruciale. Si la pérennité du fonds de provision n'est plus assurée, se sont les consommateurs et les contribuables de demain qui devront payer les charges déjà prélevées hier et aujourd'hui. Cette évolution inacceptable serait en totale contradiction avec le principe "pollueur/payeur" et ferait reposer le poids du démantèlement sur les générations futures. Cet état de fait est déjà une réalité au Royaume-Uni. Il est temps de réagir en France.

Pour en savoir plus :

- Fiche Greenpeace "Gestion des fonds de démantèlement des centrales nucléaires"

- Extrait du rapport commandité par Greenpeace : Economie des modèles européens de gestion des provisions pour démantèlement des centrales nucléaires", Flavien TCHAPGA et Jean-Michel GLACHANT, avril 2003.