"Le CeBIT est la vitrine étincelante
de l'industrie électronique et ignore complètement les arrières-cours
toxiques du formidable développement du secteur, commente Yannick Vicaire, responsable de la campagne Toxique de Greenpeace France.
Il est criminel d'ignorer les scandaleuses décharges d'Inde ou de Chine et les dangers sanitaires et écologiques du commerce des déchets électroniques."
Le "e-Robot" érigé par Greenpeace est constitué de déchets
électroniques, collectés sur les décharges d'Inde et de Chine et
estampillés par les grandes marques du secteur. Il est aussi équipé
d'écrans vidéos sur lesquels défilent des images des décharges
asiatiques, choquantes pour les conditions précaires de travail et de
protection de l'environnement.
"Il
est temps d'ouvrir les yeux sur le contraste entre, d'un côté, la haute
technologie déployée par ce secteur et, de l'autre, les techniques
ultra-rudimentaires à l'œuvre dans les décharges de pays que nous
inondons de nos déchets" déclare sur place Martin Hojsik,
coordinateur de la campagne Toxique à Greenpeace International. Ainsi,
les échantillons de poussières collectés l'année dernière par
Greenpeace dans des ateliers de "recyclage" chinois, révélaient des
concentrations de plomb plusieurs centaines de fois supérieures au
niveau moyen mesuré dans l'environnement.
Grâce aux campagnes menées par Greenpeace, plusieurs firmes de
l'électronique commencent à relever le défi et s'engagent à éliminer de
leurs produits les substances chimiques les plus dangereuses. La
semaine dernière, Hewlett-Packard, le leader du secteur longtemps cible
de Greenpeace, a ainsi annoncé un plan d'élimination des retardateurs
de flamme bromés et du PVC, d'ici 2007, sur l'ensemble de sa gamme.
"Aujourd'hui,
au CeBIT, Greenpeace pose une question aux industriels : à qui le
tour ? Quelle sera la prochaine entreprise à adopter la voie
de la responsabilité ? Qui préfère devenir la prochaine cible de notre
campagne ?", questionne Yannick Vicaire.
Des entreprises comme Hewlett Packard, LGE, Motorola, Nokia, Samsung,
Sony et Sony Ericsson se sont déjà engagées à cesser d'utiliser
plusieurs substances dangereuses dans un avenir proche. D'autres comme
Acer, Apple, Dell, Fujitsu-Siemens, IBM, Lenovo, Panasonic, Siemens et
Toshiba refusent encore de telles prises de position.
Voir aussi notre page : Technologie toxique