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Le MV Esperanza

Le MV Esperanza

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Cherbourg, France — Le navire de Greenpeace Esperanza est entré dans le port de Cherbourg pour attendre l'arrivée d'un transport de plutonium militaire en provenance des Etats-Unis (1). L'Esperanza soutient les bateaux de la flottille atlantique pour des mers sans nucléaire qui veulent manifester leur opposition à ce transport nucléaire. La cargaison de 140 kilos de plutonium, qui doit arriver prochainement à Cherbourg, prendra ensuite une route de 1000 kilomètres jusqu'au complexe nucléaire de Cadarache, près d'Aix en Provence. Elle sera alors transformée en combustible pour pouvoir être utilisée dans un réacteur nucléaire (2) et repartira par bateau aux Etats-Unis l'année prochaine. "Les Etats-Unis et la France menacent inutilement la sécurité internationale et l'environnement. Il n'y a pas de justification concevable à ce transport", déclare Shaun Bernie de Greenpeace International, à Cherbourg.

En France, plus de 10 000 kilos de plutonium sont transportés chaque année depuis l'usine de retraitement de la Hague en Normandie vers l'usine de fabrication de combustible nucléaire MOX de Marcoule. En contraste absolu avec les mesures de sécurité strictes entourant les transports de plutonium aux Etats-Unis, les transports hebdomadaires de plutonium de qualité militaire en France s'effectuent avec des véhicules non blindés sous protection policière très faible (3). "Le gouvernement français se trouve à présent face à un vrai dilemme. Si ce transport s'effectue sous protection militaire à l'américaine, comment Areva pourra-t-elle continuer à justifier la dérisoire protection de milliers de kilos de plutonium transportés chaque année en France ?" commente Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France.

La semaine dernière, l'organisation internationale de protection de l'environnement a adressé des études techniques (4) aux administrations françaises et américaines, aux membres du Congrès américain et à l'Agence internationale de l'Energie atomique (IAEA) à Vienne, en exposant les violations des règles de sécurité lors de ces transports. Plutôt que de transporter du plutonium autour du monde, cible potentielle pour des terroristes et faire courir des risques inacceptables à l'environnement et aux populations sur la route de ces trajets, Greenpeace demande que ce plutonium soit mélangé à des déchets hautement radioactifs puis solidifié ou vitrifié et stocké. Cette solution techniquement au point, à laquelle s'oppose l'industrie du plutonium, serait plus rapide en mise en oeuvre, moins coûteuse, diminuerait les transports et elle serait beaucoup plus sûre.

Notes :
1 - Le transport de plutonium sous pavillon britannique sur les navires Pacific Teal et Pacific Pintail a quitté le port américain de Charleston aux Etats-Unis le 20 septembre : www.stop-plutonium.org
2 - Le combustible de plutonium est appelé mélange d'oxyde d'uranium et de plutonium ou MOX.
3 - Greenpeace a suivi les transports de plutonium en France sur ces 2 dernières années et a mené une action qui a stoppé une cargaison de 150 kilos à Chalons sur Sâone en février 2003. En réponse à cette action, la France a promulgué un arrêté Secret Défense pour empêcher la publication de toute information concernant les transports de plutonium. La semaine dernière, Areva a déclaré que cet arrêté s'appliquai au transport de plutonium américain.
4 - Problèmes de Sûreté et de Sécurité du Container de Transport FS47 ; Yves Marignac, Xavier Coeytaux, John H. Large - 21 Septembre 2004 ; Wise Paris / Large & Associates ; http://greenpeace.datapps.com/stop-plutonium/dossiers/040921_EvalConjointe_FS471.pdf ; English doc on page http://greenpeace.datapps.com/stop-plutonium/en/documents_en.php3; French doc on page http://greenpeace.datapps.com/stop-plutonium/dossiers.php3