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Camp Greenpeace de sauvegarde des forêts

Camp Greenpeace de sauvegarde des forêts

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Inari, Finlande — Emilie, une jeune militante de Greenpeace, vient de rejoindre le camp de sauvegarde des forêts (Forest Rescue Station) installé dans les forêts boréales du nord de la Finlande où tentent de survivre les Sámis (également connus sous la dénomination de Lapons), derniers peuples autochtones d'Europe. Une fois sur place, elle partagera la vie de ces bergers qui, en cette fin d'hiver, font paître leurs rennes dans ces forêts de conifères, riches en lichens. Emile participera également aux activités de Greenpeace visant à évaluer l'importance des coupes forestières dans cette zone située au-delà du cercle polaire et où les coupes forestières se déroulent avec l'aval du gouvernement finlandais. Gouvernement qui ne semble pas vouloir tenir compte de l'avis du Comité des Nations unies pour les droits de l'homme pourtant favorable à la protection des Sámis et de leur mode de vie spécifique (1). CYBERACTION

Le camp servira de base opérationnelle aux militants de Greenpeace chargés d'observer et d'évaluer les opérations de coupes forestières dans la région. Greenpeace prêtera également main forte aux Sámis qui, outre leurs activités traditionnelles de pâturage, ont entrepris de cartographier et de démarquer une partie importante de leur territoire traditionnel. Les militants de Greenpeace seront logés dans des tentes sámis et des conteneurs isolés thermiquement.

Au nord de la Finlande, les Sámis, réunis en coopératives familiales, continuent à élever des rennes de manière traditionnelle en s'appuyant sur ce qu'il reste des forêts pour nourrir leurs troupeaux pendant les mois d'hiver. Les Sámis se sont adressés au gouvernement finlandais pour obtenir la protection des zones forestières nécessaires au maintien de leur mode de vie. Une demande délicate puisque le gouvernement finlandais a toujours privilégié d'autres affectations du sol que le pâturage des rennes. La compagnie forestière Metsähallitus (propriété d'état) est active dans la région et largement responsable de la destruction des ces forêts. Environ 70% du bois abattu par Metsähallitus dans les forêts servant de pâturage hivernaux aux rennes est destiné à la production de pâte à papier (2).
Stora Enso, le géant finlandais du papier est le principal débouché pour ce bois. Ce groupe papetier est spécialisé dans la production de papier pour journaux et magazines, enveloppes et autres utilisations jetables du papier.

"Il est regrettable que les dernières forêts boréales soient détruites pour en faire des magazines bas de gamme ou des mouchoirs! Nous espérons que notre présence sur le terrain contribuera à démontrer qu'il est essentiel de sauvegarder le cadre de vie des Sámis, conclut Veerle Dossche, responsable de la campagne forêts en Belgique."

Outre sa présence sur le terrain - notamment via son bureau scandinave - Greenpeace est associée à d'autres organisations de défense de l'Environnement finlandaises pour apporter son soutien aux populations sámis luttant pour leur survie. Greenpeace soutien ainsi le courrier adressé par des représentants sámis au ministère finlandais des forêts et de l'agriculture. Il est impératif de s'acheminer vers un moratoire des coupes forestières sur les terres essentielles pour les Sámis.

Le journal d'Emilie

Emilie, une jeune militante de Greenpeace, participe au camp de 
sauvegarde des forêts (Forest Rescue Station) installé dans les forêts 
boréales du nord de la Finlande

Emilie, une jeune militante de Greenpeace, participe au camp de sauvegarde des forêts (Forest Rescue Station) installé dans les forêts boréales du nord de la Finlande

9 mars

Bonjour à tous

Voici un message qui vous vient du coeur de la foret primaire finlandaise, la dernière foret boréale en Europe, qui abrite le seul peuple indigène de l'union: les Samis (lapons). Avec eux, Greenpeace a établi un camp de sauvegarde des forêts (Forest Rescue Station), bien au dessus du cercle polaire arctique, ou je me trouve actuellement. Les Samis vivent en bergers de manière traditionnelle, et font paitre leur rennes dans ces forets de conifères, riches en lichens qui constituent la seule nourriture possible en hiver pour les troupeaux. Or l industrie forestière (principalement la compagnie propriété d'état : Metsahallitus), avec l'aval du gouvernement finlandais et malgré l'avis du comite des nations unies pour les droits de l'homme, dévaste ce territoire vierge et magnifique pour alimenter l'industrie papetière (dont Stora Enso) et transformer les arbres centenaires en journaux ou magazines, lus 1 ou 2 fois puis jetés indubitablement, ou encore pire en enveloppes, mouchoirs, papier toilette. Or sans cette forêt, les Samis ne peuvent plus conserver leur mode de vie traditionnelle. Le point de non retour est proche : il faut agir vite. Les seules mesures de protection du gouvernement n'ont jusqu alors concerné que des endroits difficiles d'accès ou en très haute altitude, aucune décision n'a été prise en concertation avec le peuple Sami. Les Samis soutenus par différentes ONG dont Greenpeace demandent un moratoire des coupes forestières sur les terres essentielles pour ce peuple.

Forest Rescue Station

Forest Rescue Station

Le voyage fut long pour arriver au camp : avion, train, bus, voiture... 2 jours depuis Marseille. Le spectacle est grandiose : mes premiers rennes, ma première aurore boréale hier soir. Je m'adapte peu à peu à la vie dans le froid. Nous vivons dans 2 containers isolés thermiquement et pouvons également dormir dans une tente Sami, ou nous sommes également isolés de la neige par un tapis de branches de conifère et une peau de renne : simple, efficace et très confortable !! Les activités du jour sont simples : faire du bois pour le feu, se ravitailler, apprendre a se déplacer en raquettes ou ski de fond, et surtout a se protéger du froid (moins 10 degrés le jour, moins 25 la nuit, ce qui est un temps magnifique pour cette saison). J'en suis donc encore à la base de la vie arctique. Dès demain, nous continuerons a cartographier et démarquer le territoire Sami indispensable au pâturage des rennes en hiver, ils y trouvent une sorte de lichen qui ressemble à du crin de cheval, poussant sur les grands pins. Notre présence ici semble en contrarier plus d'un et nous nous attendons à des visites loin d'être amicales la connection internet n'étant pas facile, je dois vous laisser, à très bientôt.


Notes :
1 - Comité des droits de l'homme des Nations unies, novembre 2004, extraits relatifs aux Sámis "[...] regrets that it has not received a clear answer concerning the rights of the Sámi as an indigenous people (Constitution, sect. 17, subsect. 3), in the light of article 1 of the Covenant. It reiterates its concern over the failure to settle the question of Sámi rights to land ownership and the various public and private uses of land that affect the Sámi 's traditional means of subsistence - in particular reindeer breeding - thus endangering their traditional culture and way of life, and hence their identity."
"The State party should, in conjunction with the Sámi people, swiftly take decisive action to arrive at an appropriate solution to the land dispute with due regard for the need to preserve the Sámi identity in accordance with article 27 of the Covenant. Meanwhile it is requested to refrain from any action that might adversely prejudice settlement of the issue of Sámi land rights."

2. Greenpeace a localisé des grumes provenant de deux zones de coupe récentes de Metsähallitus dans la scierie de Stora Enso Kemijärvi qui fournit l'usine à papier du même groupe Veitsiluoto où l'on fabrique des rames pour photocopieuses, du papier pour magazines et pour différentes utilisations jetables.