Le 'Bouguenais', chargé de déchets nucléaires australiens, dans le port de Cherbourg.
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Cherbourg, France —
La cour d'appel de Caen a rendu aujourd'hui un jugement historique dans un dossier juridique d'importation de déchets nucléaires australiens qui opposait Greenpeace et Cogema depuis mars 2001. Cogema importe et stocke de manière illégale ces déchets nucléaires depuis 4 ans. Ce stockage, portant nuisance à l'environnement, Cogema est condamnée à payer 10 000 euros de dommages et intérêts à Greenpeace.
"C'est aujourd'hui une grande victoire" explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. "La
justice confirme ce que nous disons depuis toujours : la Cogema importe
de manière illégale des déchets nucléaires sur le sol français. Cette
décision s'applique aujourd'hui aux déchets australiens, mais beaucoup
d'autres déchets sont dans la même situation faisant de l'usine de La
Hague une vraie poubelle nucléaire !".
La Cour d'Appel de Caen a suivi les demandes de Greenpeace et a reconnu
notamment que les combustibles irradiés australiens constituaient bien
des "déchets nucléaires radioactifs".
Sa décision jette le trouble sur l'ensemble des déchets nucléaires
stockés par Areva.
"La décision de la Cour d'Appel a un retentissement très important sur la question globale des déchets nucléaires" explique Frédéric Marillier, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France. "Le
discours actuel des industriels et de l'Etat est que les combustibles
irradiés ne constituent pas un déchet nucléaire .C'est toute la
politique française de gestion des déchets qui doit être discutée ces
prochains mois, qui est en jeu."
La cour d'appel a également ordonné à la filiale d'Areva de produire et
communiquer sous trois mois, l'autorisation opérationnelle de
retraitement à Greenpeace. Au delà de ce délai, Cogema aura deux mois
pour mettre fin au stockage de ces déchets sur le sol français, sous
astreinte de 1500 euros par jour de retard.
L'affaire des déchets nucléaires australiens a commencé en mars 2001.
Le tribunal des référés de Cherbourg avait interdit à la Cogema de
procéder au déchargement et/ou à l'entreposage des combustibles usés
australiens suite à un recours de Greenpeace. Cette décision sera
cassée en appel le 3 avril 2001. Il s'en suit alors une nouvelle
procédure sur le fond portée par Greenpeace. Cette procédure verra de
nombreux rebondissements avec notamment l'intervention de l'Etat à
travers le Préfet de la Manche qui tenta d'interférer dans la justice.
La décision d'aujourd'hui conclut donc plus de 4 ans de
procédures.