S’il n’est pas freiné, le réchauffement de la planète aura des impacts irréversibles sur les écosystèmes et les communautés humaines. Selon les scientifiques du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat(1) de l’ONU, on peut redouter :
La recrudescence des phénomènes météorologiques extrêmes :
L’étude parue dans la revue Nature(2) sur la canicule européenne de
l’été 2003 a conclu qu’elle portait la marque du réchauffement
climatique global créé par l’Homme.
Evolution de la température moyenne en été en France de 1860 à 2100 
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A
mesure que le climat se réchauffe, canicules, sécheresses, inondations
et tempêtes devraient augmenter en intensité et en fréquence(3).
Outre leur coût humain dramatique (déplacements forcés de populations,
épidémies…), ces phénomènes impliquent des pertes agricoles et
économiques importantes, notamment pour les pays du Sud.
Les changements climatiques ont un impact sur l’élévation du niveau des mers et pourraient pousser à l’exode jusqu’à 150 millions de personnes d’ici à 2050.
L’élévation du niveau des mers :
Le niveau des mers s’est déjà élevé de 12 cm en moyenne depuis 1880. 5
cm de cette augmentation sont dus à la dilatation thermique des
océans ; les autres 7 cm sont directement dus à la fonte des
glaciers de montagne et arctiques.
La moitié de la population
mondiale vit sur les littoraux. Selon le GIEC, le niveau des mers
pourrait augmenter de 14 à 80 cm en moyenne d’ici la fin du siècle,
entraînant la perte de terres cultivables. Les impacts des changements
climatiques pourraient pousser à l’exode jusqu’à 150 millions de
personnes d’ici à 2050(4).
Plus d'info: Alofu Tuvalu:
http://www.alofatuvalu.tv/
La Mer de Glace à Chamonix, en 1916 (haut) et en 2001 (bas).
La fonte des glaciers arctiques et de montagne :
Les glaciologues évaluent à 20% la perte probable d’épaisseur de la
banquise du pôle Nord entre 1950 et 2010; et à 50% en 2050(5). Une
étude de chercheurs de l’Université de Bristol(6) prévoit d’ici à la
fin du siècle, la disparition totale de la banquise en Arctique pendant
les mois d’été , menace confirmée en décembre 2004, par le Rapport
d’Evaluation des Impacts sur le Climat Arctique(7), commandité par le
Conseil de l’Arctique. Ce rapport confirme le réchauffement 2 à 4 fois
plus rapide des régions arctiques par rapport au reste du monde. C’est
tout l’écosystème du Pôle Nord qui est menacé et en particulier les
ours polaires. Les communautés inuites doivent dès à présent faire face
au grignotage des côtes dû à la montée des eaux et à la fonte du
permafrost et certaines doivent déjà déplacer leurs villages.
Les glaciers de montagne constituent un indicateur clé des impacts
précoces du réchauffement global. En Europe, entre 1850 et 1980, les
glaciers alpins ont perdu un tiers de leur surface et la moitié de leur
masse(8). Depuis 1980, encore 20 à 30 % de la glace restante a disparu,
l'été caniculaire de 2003 comptant pour 10 % des pertes à lui seul. Les
prévisions sont alarmantes : si la tendance au réchauffement se
poursuit, 95 % des glaciers alpins et la totalité des glaciers
pyrénéens pourraient disparaître au cours des cent prochaines années.
L’expansion des maladies :
Le climat devenant plus propice au développement des insectes, les
maladies « à vecteur » (paludisme, dengue, fièvre jaune)
trouveront de nouveaux terrains d’expansion dans des zones jusqu’alors
préservées. Selon le CNRS, dans 50 ans, 60% de la population mondiale
pourrait vivre dans des zones affectées par le paludisme(9).
150 000 morts par an dus aux changements climatiques !
C’est ce qu’affirme l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS), dans
un rapport rédigé par Jonathan Patz (Université du Wisconsin). L’OMS
estime que c’est le tribu payé par les populations soumises au
développement de maladies tropicales, comme le paludisme. Ce chiffre
pourrait doubler d’ici 2030.
Ours polaire
L’extinction de masse d’espèces :
L’évolution des espèces est un processus lent. De nombreux animaux et
végétaux pourraient disparaître faute de temps pour s’adapter ou migrer
face au changement trop rapide des conditions climatiques.
Une
étude parue en janvier 2004 dans la revue scientifique Nature affirme
qu’au rythme actuel, le changement climatique pourrait provoquer la
disparition de plus d'un million d'espèces d'ici 2050 : entre 15 et 37
% des espèces terrestres de la planète seraient ainsi menacées
d'extinction. Les études scientifiques ont établi que des centaines
d’espèces sont déjà en train de réagir aux changements
climatiques : ces animaux et ces plantes modifient leur
localisation, leurs comportements et leurs rythmes biologiques.
Plus d'infos sur l'ours polaire sur le site de Greenpeace Etats-Unis:
http://www.greenpeace.org/usa/news/global-warming-it-s-the-real 60.000 grues cendrées ont hiverné en France en 2000-2001,
ce qui n’avait jamais été observé auparavant. Des espèces
migratrices hivernant en Afrique du Nord restent désormais en
Europe : sternes, hirondelles, milans noirs… Depuis quelques
décennies, certaines populations d’oiseaux d’Europe Centrale ne migrent
plus vers le Sud, mais vers le Nord-Ouest, pour passer l’hiver en
Grande-Bretagne ou en France !
Notes:
1. Le GIEC a été crée en 1988 par le Programme des Nations Unies pour
l’Environnement et l’Organisation Météorologique Mondiale. Il rassemble
plus de 2500 experts pluridisciplinaires issus de tous les pays
représentés à l’ONU. Les conclusions de ses rapports (1990, 1995, 2001)
font l’objet d’un consensus mondial.
2. Human Contribution to the
European Heatwave of 2003, Peter A. Stott, D. A. Stone & M. R.
Allen, Nature, Vol 432, 2 déc 2004.
3. Météo France estime que dans
les décennies à venir, les canicules seront 5 fois plus fréquentes en
France, les précipitations en hausse de 15 à 20% en hiver surtout dans
les Cévennes, le sud du Massif central et le sud des Alpes.
4. D’après le rapport de la New Economics Foundation,
Environmental Refugees: The Case for Recognition, Sept 2003
5. Simulation réalisée par les climatologues américains du National Océanic and Atmospheric Administration (NOAA).
6.
Mass Balance of the Cryosphere, dirigé par les Docteurs Jonathan Bamber et Anthony Payne, de l’Université de Bristol Cambridge University Press, Janvier 2004
7. ACIA , 2004
8. D’après le rapport
Impacts of Europe’s changing climate de l’Agence Européenne de l’Environnement, 2004.
9. D’après le groupe de recherche “climat et santé” du CNRS.