Si le réchauffement climatique n’est pas enrayé, il constituera un frein majeur au développement des pays du Sud dans les prochaines décennies.
Le principe d’équité impose que les pays riches, historiquement
responsables du phénomène, procèdent à des réductions précoces et
massives de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Ces pays doivent également accompagner les pays en croissance rapide
comme le Brésil, la Chine et l’Inde sur la voie d’un développement
durable, par des financements et des transferts de technologies.
Enfin, les Pays les Moins Avancés doivent pouvoir bénéficier d’une aide
d’urgence à l’adaptation de leurs sociétés et de leurs infrastructures
aux nouvelles conditions climatiques.
Les énergies renouvelables, instrument crucial du développement durable
L’accès à l’énergie fait partie des besoins quotidiens fondamentaux des communautés humaines. Actuellement
près de 2 milliards de personnes dans le monde n’ont accès à aucune forme moderne d’énergie
qui pourrait permettre une amélioration significative de leurs
conditions de vie (soins médicaux, pompage de l’eau, cuisson des
aliments, chauffage, éclairage, communication…). Beaucoup de
populations pauvres n’ont en effet d’autre choix que d’utiliser des
formes d’énergies polluantes, dépassées et coûteuses qui affectent leur
santé et dégradent l’environnement.
Il est possible de permettre l’amélioration des conditions de vie des
populations du Sud par l’accès à l’énergie sans aggraver la
perturbation du climat.
Des énergies propres pour vaincre la pauvreté !
La mission officielle du groupe Banque Mondiale étant d’octroyer des
financements permettant aux pays du Sud de combattre la pauvreté,
l’amélioration de l’accès à l’énergie pour les populations défavorisées
devrait en être un élément déterminant.
Le portefeuille d'investissement de la Banque Mondiale dans le domaine
énergétique atteint 600 millions de dollars. Il est à 94 %
consacré à des investissements dans les énergies fossiles, dont les
populations du Sud ne retirent ni amélioration de leurs conditions
d’existence, ni développement économique local viable. Entre 1994 et
2003, la Banque Mondiale a financé les énergies fossiles à hauteur de
24,8 milliards de dollars, contre 1,06 milliards pour les renouvelables.
Une évaluation indépendante des activités énergétiques de la
Banque Mondiale, la Revue des Industries Extractives (EIR), a été
commanditée par le Président de la Banque Mondiale. Après deux
ans d’analyses et de consultations, l’EIR(1) a conclu fin 2003 que les
projets d’industries extractives ne répondent pas au mandat de lutte
contre la pauvreté de la Banque Mondiale.
L’EIR recommande l’arrêt immédiat du financement des projets
charbonniers et des projets pétroliers en 2008. En parallèle, il
préconise l’augmentation des financements pour les renouvelables de
20% du portefeuille énergétique total chaque année. Or, à la Conférence de Bonn,
la Banque Mondiale n’a annoncé qu’une augmentation de
20% de son portefeuille renouvelables par an ! Cela n'augmenterait la part des renouvelables dans le portefeuille énergétique total de la Banque Mondiale que de 1% par an…
Note:
1. Site de la Revue des Industries Extractives :
http://www.eireview.org