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Rédaction du "Youth Speech"

Rédaction du "Youth Speech"

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Bali, Indonesie — La première semaine de la conférence touche à sa fin. Et pour le moment les négociations peinent à avancer, du fait d’un manque de leader.

L’Union Européenne ne joue pas le rôle qu’elle devrait et, hormis la Chine qui multiplie les propositions, les pays sont soit attentistes, soit ralentissent clairement les négociations à l’image des Etats-Unis, du Japon ou de l’Inde.

S’il y avait deux thèmes à retenir de cette première semaine, ce seraient « transfert des technologies » et « justice climatique ».

Le transfert des technologies est peut être la clé de la solution. Si l’on veut que les énergies renouvelables constituent une alternative crédible aux énergies fossiles, il faut que les pays en voie de développement puissent y avoir accès. Or ils se heurtent pour le moment à un obstacle financier, mais aussi technique. Et certains pays comme les Etats-Unis rechignent pour le moment à partager leur science en la matière, puisque ce serait concurrencer les entreprises américaines…

Le concept de justice climatique fait référence au fait que les pays dits du Sud sont pour le moment, et seront probablement, les plus gravement frappés par les conséquences du réchauffement climatique. Aussi, toutes les manifestations qui ont lieu en dehors de la conférence sont généralement centrées sur ce thème. D’autant qu’on est en Indonésie, pays aux multiples îles, qui sont autant de proies faciles pour ces eaux en quête de territoire.

C’est ainsi que nous avons participé à une marche organisée dans le cadre de la Journée Mondiale d’Action pour le Climat ce 8 décembre, dénonçant cette injustice dans les rues de Denpasar.
Greenpeace avait d’ailleurs organisée une parade maritime de 45 bateaux, le 7 décembre, pour promouvoir cette journée d’action, et la quasi-totalité des délégués internationaux y ont participé.

Si je n’y ai pas pris part, ce n’est pas par crainte du mal de mer, ni des coups de soleil (d’accord, il y a un peu de ça), mais parce que je tenais à participer à la rédaction du discours que les jeunes représentants internationaux délivreront en clôture de la conférence, vendredi prochain, devant l’assemblée des ministres et des délégués...
C’est sans doute un des évènements dont je me souviendrai le plus.

J’ai d’abord compris à quel point il est difficile de s’accorder, à 40 représentants, sur un discours de 3 minutes porté par les 200 jeunes présents ici pour délivrer le message de la jeunesse internationale. Si tant est que cette jeunesse ait une vision homogène.

Ensuite j’ai pu faire passer l’idée qu’il fallait un discours différent de ce que les délégués auront entendu pendant 2 semaines. Qu’il fallait marquer les esprits, d’une manière ou d’une autre, pour que ces délégués, voire les média, repartent avec un message en tête. Ce qui n’aurait pas été forcément le cas avec un discours édulcoré, à l’image de ce que le protocole nous obligera de faire lorsque les quelques années, qui nous séparent encore de la catégorie « adulte » (26 ans), seront derrière nous.

C’est ainsi que j’ai suggéré de raconter un conte aux délégués. Celui du Petit Poucet.

La morale : Nous sommes le Petit Poucet. Et ses frères et sœurs, qu’il a sauvés alors qu’ils se croyaient perdus au beau milieu de la forêt parce que leurs parents les avaient volontairement abandonnés, sont les jeunes internationaux que nous représentons.
Si ces délégués nous mènent dans la mauvaise direction, nous saurons retrouver le bon chemin, à l’image du Petit Poucet, car nous aurons entendu ce qui se tramait, et semé des petits cailloux nous permettant de revenir au point de départ, pour gommer leurs décisions.
Seulement, ne sera-t-il pas déjà trop tard ? Aurons-nous le temps de défaire leur travail s’ils nous engagent dans la mauvaise direction ? Probablement pas.

C’est pourquoi “ We need you because we depend on you.
We need you to lead us on the best path, so in time we can lead our children on the best path.
We need you because, as decision-makers of our future, you are our glimmer of hope.”
Je crois les avoir convaincu que c’était une bonne idée, puisque dans l’état actuel, le brouillon comprend ces lignes.

Enfin sachez que ce discours sera lu par un Indonésien, pays hôte de la conférence, un Américain, symbolisant le passé, et un Australien, symbolisant le progrès puisque l’Australie va ratifier le protocole de Kyoto. Ils se répondront dans une conversation soulignant à quel point ils se sentent tous concernés par les conséquences des changements climatiques, problème sans frontière. Et demanderont aux délégués s’ils monteraient dans un avion ayant 50% de chances de se crasher…

Je vous laisse jusqu’à lundi, jour de reprise de la conférence, et en attendant je vais profiter de la soirée organisée par Greenpeace sur le Rainbow Warrior, depuis lequel je vous écris…

Augustin