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Rencontre avec le président du GIEC Dr Rajendra Pachauri

Rencontre avec le président du GIEC Dr Rajendra Pachauri

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Bangkok, Thailande — Réveil : 5h30 et ça va ! On est tellement excité qu’on peut presque dire que nous étions en forme.

Nous avons mangé un très bon petit déjeuner (parce que je ne vous cache pas qu’avant c’était pas le top mais les gens sont tellement gentils qu’on ne peut pas se plaindre : leur gentillesse compense notre manque de confort occidental. Ca fait vraiment chaud au cœur de voir des personnes si gentilles, toujours très attentionnées avec nous…).

Ensuite nous avons eu un petit briefing sur le déroulement de la journée et nous partons pour le siège des Nations-Unies à Bangkok. La pression monte (je pense pour tout le monde) lorsque je commence à penser que je vais devoir faire un petit discours à Mr Patchauri, le Responsable du GIEC, qui est un scientifique indien. Nous installons le « container » Solar Generation (petit camion Greenpeace) sous la pluie et nous sommes 7 (Thaïlande, Philippines, Inde, Chine, Indonésie, France et Allemagne) à se mettre en place pour la venue du « Mr P. ». Mon cœur accélère, tous les journalistes présents se ruent sur lui, c’est mon tour, j’y vais : il me dit « Bonjour » (ce que j’ai beaucoup apprécié ) et à la fin me (mais c’est pour NOUS) dit « Congratulations, go on ! » (Mes félicitations, continuez comme ça !). Ca fait vraiment plaisir. Il y avait beaucoup de journalistes (même BBC!), c’est vraiment bien pour Solar Gen.
Pas de répit, après toutes ces photos faites avec les journalistes, le travail continue.

Nous quittons les Nations-Unies pour le Parlement afin d’y rencontrer l’un de ses membres. Lisa et moi avons pris la parole pour parler de nos expériences sur le nucléaire et pour défendre les énergies renouvelables (surtout que hier soir nous avons découvert sur la première page du journal : « The message is clear : Go Nuclear » en parlant de la solution la plus probable préconisée par les scientifiques). Mais les paroles des politiques en général restent toujours très vagues, ils ne disent pas ce qu’ils feront concrètement (c’est « oui c’est bien ce que vous faites, il faut combattre le réchauffement climatique… » merci mais concrètement qu’allez-vous faire ? C’est frustrant).

Nous mangeons au parlement et nous préparons pour rencontrer le Ministre Thaïlandais de l’Energie et là c’est chaud…
Nous arrivons devant les locaux du ministère de l’énergie et en face de nous : un genre de palace vraiment typique et resplendissant à côté d’immeuble moderne vraiment vétuste. Bref, on nous fait asseoir dans une très belle pièce et nous l’attendons. Nous avions RDV à 15h (il arrive à 15h15 (et 15 mn de retard c’est énorme pour nous !)) et repart à 15h50 (alors qu’il nous avait promis 50 mn !). Le débat est houleux, et lorsqu’il ne sait pas quoi répondre, il demande à son secrétaire (ingénieur dans le nucléaire…) de le faire.
Il se répète souvent, nous disant en clair que les pays industrialisés polluent plus que les pays en voie de développement et qu’il faut choisir entre soit lutter contre le réchauffement climatique grâce au nucléaire soit lutter contre le nucléaire en continuant d’utiliser le charbon. Mais c’est débile ! Il nous dit qu’on devrait être « open-minded » (ouvert) et ne pas considérer qu’une seule solution au réchauffement climatique mais ça n’a rien voir avec ce que nous proposons !
Il dit qu’il n’y a que les pays industrialisés qui peuvent investir dans les énergies renouvelables. C’était tellement rageant de devoir attendre qu’il finisse son long discours, qui est de moins en moins crédible. Si la Thaïlande a les moyens d’obtenir de l’argent pour financer des centrales nucléaires (puisqu’elle ne l’a pas encore, et si elle le développe en Thaïlande, le nucléaire se développera en Indonésie et dans les Philippines), elle a les moyens de trouver les investissements pour les énergies renouvelables, car le nucléaire comme les énergies renouvelables sont toutes aussi rentables. Pourquoi ne pas prendre l’exemple de la municipalité de Shanghai qui entreprend de créer une ville 100% écologique qui compterait 500 000 habitants ? Si la Chine peut le faire, la Thaïlande aussi. Pourquoi sont-ils tellement focalisés sur le nucléaire alors qu’il existe tellement d’autres solutions toutes aussi chères et toutes aussi rentables voire plus ! Ca me met hors de moi.

Wang (SG Thaïlande) s’est très bien exprimé et a vraiment été diplomate. Lisa, on voit que c’est une  « lobbyiste » expérimentée, elle a mis le ton (elle a été à la hauteur de la réputation des Allemands : elle n’a pas mâché ses mots et a été directe). J’ai aussi eu l’occasion de m’exprimer en parlant de la France et de lui demander s’il avait pensé aux risques liés au nucléaire (les déchets qui posent le problème du stockage, la possibilité d’un deuxième Tchernobyl (pourquoi prendre un risque, même s’il est minime, alors qu’on peut investir dans des énergies non émettrices de gaz à effets de serre, beaucoup plus sûres et rentables ?). Pour me répondre il me dit : « et toi en France, comment tu vas faire ? ». Je viens ici pour témoigner, pour dire ce qui ne va pas et ce que nous préconisons. Pourquoi change-t-il de sujet ? Le problème c’est la Thaïlande pas la France .
Nous étions tous un peu dégoûtés en sortant, surtout avec leur propagande du biogaz… mais c’est une autre histoire.

Voilà pour notre journée,  nous allons manger au restaurant ce soir ! Aujourd’hui est un jour spécial, tout le monde porte du jaune : car le Roi (sa majesté le Roi) est né un lundi (et tous les lundis tous les Thaïlandais portent du jaune!).  


Point culturel :
- depuis que je suis arrivée, aucun des Asiatiques ne savaient prononcer mon prénom, donc je leur ai parlé de mon deuxième prénom : Emilie. Depuis ce jour, ils me demandent si je connais le film Emilie ou Amélie  je ne savais pas trop. Impossible de trouver de quel film il s’agissait. Ce soir, au restaurant Meiko (SG Thaïlande) m’en dit un peu plus sur ce film et je comprends (enfin) qu’il s’agit du « Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » très populaire en Thaïlande…
- Les Thaïlandais adorent la musique, notamment la musique chinoise qui trouve parfois ses racines dans la chanson française (par exemple : « J’entends siffler le train » de Richard Anthony ou « Hélène » de … Hélène  (de Hélène et les garçons) !!!!)
- Les Thaïlandais voient les Chinois comme des businessmen et des personnes pratiquant le kung fu   (oui je sais c’est très réducteur).

Promis, j’essaierai d’être moins longue, mais tout est tellement passionnant !