Bangkok, Thailande —
Il va falloir retrousser ses manches (enfin plutôt son pantalon aujourd’hui)…
Bonne nouvelle matinale !!!! Et c’est le Bangkok Post qui nous l’annonce : le GIEC ne soutiendra pas forcément le nucléaire mais pencherait beaucoup plus pour les énergies renouvelables. Quelques pages plus loin, notre photo avec un article : quelle fierté !
On se réveille toujours aussi tôt (5h30) et aujourd’hui c’est le grand jour. Nous allons faire une photo très importante dans un endroit touché par le réchauffement climatique. Nous prenons et le petit déjeuner dans le bus, il ne faut pas perdre de temps. D’ailleurs en parlant de temps, il pleut depuis notre arrivée à Bangkok, donc les routes sont à moitié inondées lorsqu’on s’éloigne de Bangkok.
Nous arrivons à notre HotSpot. Nous avons dû prendre un petit bateau pour atteindre le lieu précis de notre HotSpot : un temple bouddhiste menacé par la montée des eaux. En vingt ans, les habitants ont du déménager de 5 à 10 fois mais ils n’ont pas beaucoup d’argent et leur temple est vraiment important pour eux. Notre traversée en bateau se fait dans ce qui étaient avant les rues du village. On peut encore voir les poteaux électriques avec leurs câbles frôlant presque l’eau. C’est impressionnant et tellement triste à la fois. Le bateau nous dépose car il ne peut plus continuer. Nous avons donc poursuivi à pied… pieds nus… dans une boue argileuse dont je ne vous détaillerai pas la nature. On n’a pas le choix, ça glisse trop pour garder les baskets et il faut marcher au moins 45 mn. Donc on y est allés avec le sourire et la bonne humeur (même si sous la pluie c’est pas le bonheur).
Une petite pause chez Mme le Maire qui a son musée et pleins de choses intéressantes à nous montrer , puis on repart. On se croirait dans une émission d’aventure où nous avons des épreuves à passer : pont en bois glissant à cause de la pluie (et de la boue) sans rambardes (je vous jure que c’est super stressant), ponts instables au-dessus d’une eau et d’animaux pas très clairs, etc. Mais : on l’a fait ! Lorsque j’y repense, on a vraiment été courageux et la solidarité était là parce que c’était vraiment pas évident d’accéder au Temple.
Lorsque nous sommes enfin arrivés, c’était le soulagement, tout est tellement beau et calme… Mais lorsque nous avançons jusqu’au bout de la terre de l’eau à perte de vue avec au loin les anciens poteaux électriques et certaines habitations complètement submergées : ça fait froid dans le dos ; lorsqu’on pense à ces mêmes gens qui habitaient dans un endroit splendide qui ont dû se déplacer tant de fois, quitter tant de fois ce qu’ils avaient construit pour reconstruire à cause de la montée des eaux, ça ne laisse pas indifférent. Une fois les photos faites avec notre message (Save the climate ! Don’t drew our future !) et ceux dans toutes les langues, nous écoutons le moine bouddhiste vraiment intéressant. Bangkok Post est là et d’autres journalistes encore. Puis nous repartons, et ces gens qui n’ont rien nous offre un fabuleux repas. Des choses très simples mais il y a tellement de générosité derrière. Lorsque nous sommes repartis, ils nous ont donné les restes de crevettes, de fruits, des dizaines de bananes… c’est vraiment sincère. On apprend tellement en étant ici ; non seulement sur le climat mais sur les gens, sur la culture…
Lorsque nous remontons dans le bus, on a du mal à s’exprimer et on est vraiment tous fatigués.
Ce soir nous sommes allés faire du shopping dans Bangkok, je n’en reviens toujours pas tellement c’est peu cher ! Et l’ambiance est tellement chaleureuse, on a envie d’acheter aux gens car ils ne sont pas agressifs avec nous lorsqu’ils marchandent. Les odeurs de crêpes et de brochettes se mélangent avec en fond de la techno et beaucoup de jeunes, de toutes origines mais beaucoup américaine et européenne. Nous faisons une bref rencontre avec un Espagnol cubain très sympa, personne ne nous prend la tête. J’adore Bangkok, j’aimerais tellement y rester plus longtemps… Mais demain départ pour Kyoto ! Lisa, Cheng et Agnes sont déjà parties ce soir et puisque mon avion n’est que demain à 19h je vais en profiter pour visiter un peu demain.