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L'équipe Solar International 2008

L'équipe Solar International 2008

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Poznan, Pologne — «Le temps passe et passe et passe et beaucoup de choses ont changé. Qui aurait pu s'imaginer que le temps serait si vite écoulé. On fait l' bilan, calmement, s' remémorant chaque instant...» (on ne juge pas les accroches, on les apprécie - merci) Donc. Le bilan, calmement. A Poznan, on appelait ça les débrief, et autant dire qu'on en a mangé. C'est même un peu ce qui a rythmé notre vie pendant deux semaines. Un tous les matins pour suivre l'actu des négociations avec Greenpeace, un tous les soirs pour faire un bilan de la journée avec Solar et planifier la journée du lendemain, voire un de temps en temps en milieu de journée pour les nouvelles qui ne peuvent pas attendre (ex. j'ai rencontré Kerry... petit débrief ! : quelles impressions? Est-ce qu'il est très grand? Pourquoi? Comment on pourrait mieux faire la prochaine fois pour qu'il n'ai pas l'air si grand sur la photo? Etc, etc). Bref, je me disais, autant partager...finissons donc ce récit polonais en beauté, grâce à un bon petit débrief pour faire le point.

Difficile de faire une liste. C'est un peu un tout. Cette petite euphorie due au fait d'avoir vécu trop de choses en un laps de temps très court en fait.

Commençons peut-être par les rencontres...

Toute l'équipe de Solar en premier lieu. A chacun d'entre eux, un souvenir précis rattaché. Nous avons vécu ensemble, les 14, pendant près de 3 semaines, et ça soude. Pour nous tous ce fut une nouvelle expérience, nous l'avons décrypté ensemble. C'est surement ça qui nous a rapproché au départ, puis nos espoirs, nos coup de fatigues, etc. Tous sous le même t-shirt! Une grande famille qui espère bien se revoir très vite! C'est avec Poznan que j'ai vraiment pris conscience de ce que représentait vraiment Solar je crois: des étudiants de Chine, des Fiji, du Canada, de Pologne, de Suisse, de France et j'en passe, c'est autant d'approches aux problèmes environnementaux diverses, de manières différentes de s'engager, et pourtant c'est un même mouvement, réuni sous l'emblème de Solar, mais surtout sous un but commun. C'est clairement cela qui fait la force de Solar, et qui nous a légitimé durant ces 2 semaines de conférences tant aux yeux des délégations qu'à ceux des autres ONG et jeunes.

Il me semble que nous n'avons peut-être pas assez conscience de cette appartenance à quelque chose de plus grand à l'échelle française, or cela constitue une source formidable d'enrichissement. En ce sens, je pense que développer des liens plus étroits avec d'autres Solar, tel que le projet avec un Solar Chine qui se développe en ce moment même, serait réellement positif pour chacun de nos groupes locaux.

L'équipe de Greenpeace ensuite. C'est le deuxième cercle qui entoure SolarGen. Tous les matins, un débrief politique je le disais avec Greenpeace. Cela nous a permis de suivre en live les négociations, et de comprendre peu à peu les rouages d'une Conférence internationale, bien complexe à vrai dire. En cela, c'est une grande chance pour l'équipe, car ce partage de savoir nous aura permis de réellement cerner les points clefs du moment. Ensuite, l'idée est que chaque étudiant Solar installe une coopération avec son ou ses campainers nationaux (Karine et Jérôme pour moi). Cela peut nous être utile pour comprendre certains points politiques à notre propre échelle, mais aussi pour rencontrer notre délégation ou ministre, les campainers ayant généralement plus de contacts avec eux. Sur ce point, si leurs conseils nous ont à tous été utiles, la situation pourrait indubitablement être optimisée. En effet, il nous a parfois semblé que les capacités des SolarGen n'étaient pas toujours vraiment reconnues, et qu'on nous voyait plutôt comme un poids parfois dans le sens où l'on ne savait pas exactement comment ni pourquoi travailler ensemble. Or, nous pensons que créer une relation un peu plus officielle entre l'équipe de Greenpeace et celle de Solar, avec un réel échange réciproque instauré dans un but d'entraide, pourrait être bénéfique aux deux. Nous avons exposé ce point à la fin du séjour à Abi et à Greenpeace, et la situation devrait être améliorée pour l'an prochain.

Toutes les personnes rencontrées enfin. Si l'issue des débats a pu être décevante, si l'on peut se demander au final « pourquoi faire »?, si personne n'accepte de revoir ses positions et que 192 nations ne se réunissent finalement que pour imposer leurs intérêts aux autres, « quel intérêt? », il me semble néanmoins qu'une Conférence de ce genre peut être vue sous un angle légèrement différent. Parce qu'au final, c'est un peu le seul moment où tous les points de vue peuvent se rencontrer. Et Poznan, ça faisait un peu penser à un grand Souk parfois. Malgré l'ambiance ultra sécurisée, malgré des plénières interminables où personne ne s'écoute, malgré tout ça, dans les couloirs, entre deux réunions ou bien aux urinoirs, ça discute. Entre un délégué anglais et un délégué malien, entre un représentant de Tuvalu et un étudiant Solar, ou entre un groupe de polonais et un groupe de chinois, bref, c'est l'occasion de se mélanger. Échanger des expériences, voir comment fait l'autre, lui piquer des idées, se rendre compte que ses problèmes sont surement plus urgents que les miens, accepter de faire des concessions. Je ne sais pas quel impact auront ces échanges. Faible peut-être, à en voir ce sur quoi Poznan a débouché. Mais dans le doute. Au final c'est exactement comme le travail de lobbying d'une ONG. Comment mesurer son impact? Impossible. Sauf que parfois, au milieu d'un discours en plénière d'un ministre, ou lors d'une annonce d'entente en conférence de presse, on retrouvera certaines de nos propositions. De petites victoires qui font espérer. Cela se passe tous les niveaux. C'est cela le plus prenant je crois lorsque l'on prend part à une telle rencontre. Et d'un point de vue personnel, c'est cela qui m'a permis d'apprendre le plus. Cela m'amène d'ailleurs à mon deuxième point...

Les connaissances acquises pendant ces deux semaines

Je l'ai dit, assister à une Conférence comme celle-ci, c'est d'abord l'opportunité de la comprendre. Comment fonctionnent des négociations internationales, quel fut leur historique, quels sont les enjeux de Poznan, qui sont les Etats leaders, les bloqueurs, quels jeux d'alliances, quels intérêts défendus?

Des questions que j'ai peu à peu appris à me poser et qui ont plus où moins trouvé réponse. Prendre conscience de la complexité des réseaux entremêleé dans de telles négociations fut un premier pas important.

Assister aux side events, aux political debriefs et aux diverses conférences organisées par les délégations et les groupes d'alliances fut en outre l'occasion d'approfondir mes connaissances de base sur le changement climatique. Sources principales, conséquences à venir, solutions possibles...pas encore un expert, car trop de choses à intégrer, et car pas scientifique ni spécialiste du sujet, mais je me rend bien compte que j'en ai quand même appris beaucoup sur le sujet. Petit à petit, au cours du séjour et à mesure que mes connaissances s'affinaient, je devenais d'ailleurs plus confiant en abordant des délégués. Poznan aura été sans contexte une émulation de connaissances, et boire tout ce savoir fait parti d'une des tâche des SolarGen! Sérieusement, c'est vraiment une super chance pour affiner ses arguments.

Apprendre à gérer le contact avec les médias

Faire des interviews est l'un des rôles important des SolarGen car il nous permet de diffuser notre message. J'avoue que c'était peut-être l'un des aspects du voyage qui me mettait un peu mal à l'aise. Mais l'on se rend compte en fait assez vite que c'est à nous d'orienter l'interview pour dire ce que l'on veut dire. On finit donc par le faire assez naturellement, d'autant plus que c'est généralement le même message que l'on tente de faire passer. Pas la partie la plus intéressante pour moi, mais utile, c'est sûr. L'atelier média training que j'avais fait à Valence m'avais d'ailleurs bien servi pour Poznan.

Quel apport pour SolarGen?

Il me semble d'abord important de notifier que l'un des grands succès de SolarGen cette année à Poznan aura été celui de notre visibilité. En effet, à la fois grâce à nos diverses actions, ainsi qu'au fait que nous ayons tous rencontré les ambassadeurs de nos délégations respectives, nous avons réussi à faire savoir que SolarGen était présent! Cela n'est pas une fin en soi évidemment, mais si l'on réalise que cela nous a permis de répandre nos demandes, de témoigner de nos actions et de rappeler que l'action locale était la priorité, qu'elle devait inspirer les décisions globales, alors on peut selon moi clairement interpréter cela comme un succès.

Ensuite, pour Solar France, rappelons que la réunion avec Lalonde nous aura permis de lancer un projet de coopération être nos représentants et nous, étudiants. C'est une chance à ne pas laisser passer, aussi, il faut vraiment que tous nous prenions part à son élaboration. Cela pourra nous permettre à la fois d'influencer les prises de décisions nationales qui nous concernent directement sur nos campus, et cela pourrait même nous donner l'opportunité de prendre part aux négociations internationales en envoyant, selon l'utilité que l'on y voit, des étudiants dans la délégation officielle à Copenhague et aux prochaines Conférences internationales.

Poznan m'aura également permis de rencontrer plusieurs personnes voulant coopérer avec Solar. Entre autre, la Francophonie qui voudrait lancer un projet d'université d'été en Afrique de l'ouest avec des étudiants Solar pour envoyer plus de jeunes africains aux prochaines négociations, et un groupe belge qui promeut les panneaux solaires et qui voudraient coopérer avec nous. Alex est en train d'étudier la faisabilité et l'intérêt de telles alliances, mais dans tous les cas, Poznan aura aussi servi à lancer ce genre de projets, où l'on peut échanger des savoirs avec d'autres groupes.

En route vers Copenhague

Poznan était une rencontre un peu à mi-chemin, entre Bali, où des projets avaient été lancés, et Copenhague, où des objectifs devraient être signés. On aurait dû aboutir sur des pistes claires pour le négociations de Copenhague. Mais les Etats ont butté sur de nombreux points. Copenhague en sera d'autant plus tendu. Néanmoins, l'arrivée d'Obama, et la potentialité d'un leadership américain, à l'instar du discours prononcé par Al Gore durant une plénière qui avait terminé par un « Yes, we can », suscite chez beaucoup un renouveau d'espoir.

Dans tous les cas, les représentants de Solar qui partiront à Copenhague vivront un moment important de notre histoire, et leur rôle en sera d'autant plus important.

Voilà donc un petit bilan de cette expérience plus qu'enrichissante...un document qui détaillera les issues politiques de la Conférence devrait arriver depuis la coordination internationale dans les jours suivant...

J'espère que vous aurez eu l'impression à travers ce blog de pouvoir un peu suivre ce qui se passait là -bas en tout cas!

...et rendez-vous à Copenhague donc!

— Jérémy Trouilh